Corse : la guerre police-gendarmerie relancée ?

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Corse : la guerre police-gendarmerie relancée ?
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Les patrons de la PJ et de la gendarmerie se rendent jeudi sur l'île pour tenter de dissiper le malaise et relancer la coopération.

Climat électrique. Après l'assassinat de l'avocat corse Antoine Sollacaro en octobre 2012, Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, avait souhaité le renforcement de la coopération entre policiers et gendarmes de l'Ile de Beauté. Mais un an et demi plus tard, la volonté du ministre est resté vœu pieux. Pire, le climat est de plus en plus électrique. Jeudi, les plus hauts responsables de la police judiciaire et de la gendarmerie se rendent en Corse pour tenter d'apaiser les relations et tenter de faire travailler les équipes à nouveau ensemble.

La guerre des enquêteurs. Sur un terrain miné par les affaires de grand banditisme et les règlements de compte, les enquêtes sont souvent traitées en duo par les policiers et les gendarmes. Mais, comme le confie un magistrat à Europe 1, dans les têtes "c'est toujours la guerre". Ainsi, certaines réunions de travail se transforment en parties de poker menteur, chacun se débrouillant pour en dire le moins possible à ses collègues d'en face.

Non à la parité. Un projet de la place Beauvau a mis le feu au poudre il y a quelques mois. Le ministère de l'Intérieur proposait de créer un service commun contre la criminalité organisée, géré à parité entre police et gendarmerie. Hors de question pour les policiers, qui rappellent que ce sont eux qui traitent 70% des affaires. Le projet a donc été suspendu.

Bisbilles et malaise. Et pour ne rien arranger, un juge anti-terroriste a pris une décision rarissime il y a quelques jours : il a dessaisi la PJ d'Ajaccio de deux dossiers. Le magistrat était furieux d'apprendre que les policiers couvraient un suspect, qui était en fait l'un de leurs indics. Quand on sait que l'une des deux enquêtes concernait les attaques à la roquette des casernes de gendarmeries d'Ajaccio et de Bastia à l'automne dernier, on comprend mieux le malaise.