Corse : la Cour déclare Andy irresponsable

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Corse : la Cour déclare Andy irresponsable
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Le garçon de 19 ans était jugé pour le meurtre de ses parents et de ses deux frères jumeaux, en 2009.

Le garçon de 19 ans qui avait tué par balles ses parents et ses deux frères jumeaux âgés de 10 ans, en 2009 près d'Ajaccio, alors qu'il avait 16 ans, a été déclaré irresponsable samedi par la cour d'assises des mineurs de Corse-du-Sud qui a rendu son verdict.  A l'issue de plus de six heures de délibérations, la cour a déclaré Andy "irresponsable pour un trouble mental ayant aboli le discernement au moment des actes". Andy n'a fait aucune déclaration et n'a eu aucune réaction à la lecture du verdict. La cour s'est ensuite de nouveau réunie pour débattre d'une ordonnance d'hospitalisation du jeune homme.

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L'avocat général, Valérie Tavernier, avait requis une peine de 18 ans de prison. Le verdict a été motivé par "le processus de dépersonnalisation et de déréalisation" d'Andy au moment des faits, a déclaré le président David Macoin. Andy a bien été reconnu comme l'auteur du meurtre de ses parents et de ses deux frères dans la nuit du 11 au 12 août 2009 et la décision de la cour d'assises des mineurs n'enlève en rien la qualité de victimes aux membres des familles de ses parents qui étaient parties civiles. La dizaine de membres des familles qui ont suivi le procès n'ont fait aucune déclaration à l'issue de celui-ci.

Des experts en désaccord

L'adolescent avait tué ses parents et ses frères jumeaux avec un fusil de chasse de son père, dans la maison familiale du village d'Albitreccia, sur la rive sud du golfe d'Ajaccio. Retrouvé par l'un de ses oncles le lendemain sur une plage voisine, il a toujours reconnu avoir commis ces crimes, mais sans fournir aucune explication à son geste. "Je sais que j'ai tué mes parents mais je les aimais", a-t-il dit durant son procès, selon l'un de ses avocats. Tout au plus, ce jeune homme, friand de jeux vidéos et présenté comme sans problème, a-t-il fait part d'une "irrésistible pulsion", déclarant durant l'instruction ne pas avoir été lui-même la nuit de la tuerie familiale. "Je n'entendais plus rien et je voyais tout flou. Il y avait quelqu'un d'autre à ma place", avait-t-il expliqué.

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Les experts psychiatres sont restés en désaccord, au procès, sur la capacité de discernement d'Andy qui a été examiné par trois collèges de praticiens depuis trois ans. Deux collèges avaient conclu à l'abolition totale ou partielle du discernement, tandis qu'un troisième avait estimé, à la fin de l'instruction, que l'adolescent était totalement responsable. Le flou a donc persisté sur l'état mental d'un garçon présenté comme un bon élève, sportif et ayant des amis, qui a passé son baccalauréat scientifique en prison où il poursuit des études. La défense avait plaidé l'irresponsabilité et, selon l'un des avocats des parties civiles, les familles n'étaient "pas dans l'attente d'une sanction, mais de la clarté afin de savoir si Andy était malade ou pas au moment des faits".