Congé maternité : et si on faisait moitié-moitié ?

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Congé maternité : et si on faisait moitié-moitié ?
@ MAXPPP
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Un rapport prône un "congé d'accueil de l'enfant" à "partager" entre les deux parents.

Un rapport de l'Inspection générale des Affaires sociales (Igas) propose de créer un "congé d'accueil de l'enfant" de deux mois au total, réparti à parts égales entre la mère et le père. Europe1.fr vous explique son fonctionnement.

Pourquoi un nouveau congé ? "Ce n’est pas un nouveau congé, mais une nouvelle architecture du congé existant", insiste Brigitte Grésy, auteure du rapport qui doit être remis mardi à la ministre Roselyne Bachelot. "Le but est d’impliquer davantage les pères dans la vie familiale", explique-t-elle à Europe1.fr.

Que deviendra le congé paternité ?Brigitte Grésy propose de remplacer le congé paternité, actuellement de onze jours, par le "congé d'accueil de l'enfant" d’une durée d’un mois pour le père. Soit quinze jours supplémentaires.

Quel impact sur le congé maternité ? Le congé de la mère, actuellement de seize semaines, serait, quant à lui, découpé entre un "congé maternité" de douze semaines auquel s’ajoute un "congé d'accueil" d'un mois.

Est-il obligatoire ? Non, l'Igas rejette l'idée d'un congé paternité obligatoire, essentiellement pour des raisons juridiques, qui avaient été défendues par plusieurs syndicats et le Medef en mars et auxquelles le gouvernement s'était montré favorable. De plus, si les parents ne souhaitent pas bénéficier du "congé d'accueil de l'enfant", la mère dispose de ses seize semaines de congé maternité comme le prévoit la loi actuellement.

Quelles sont les contraintes ? Le "congé d'accueil" serait à prendre "juste après le congé maternité", précise Brigitte Grésy, qui souligne que si l’un des deux parents ne veut pas bénéficier de ce congé, alors "il ne peut être reporté sur le conjoint et est, par conséquent perdu".

Quels sont les avantages ? "Cela permet aux pères de s’impliquer davantage dans la vie familiale, mais aussi d’assurer un véritable partage de la responsabilité parentale", estime Brigitte Grésy. Pour inciter les papas à sauter le pas, une semaine de congés supplémentaire est "offerte" au père ou à la mère. Une sorte de bonus qui pourrait être pris jusqu'au premier anniversaire de l'enfant.

Qu’en pensent les hommes ? L’argument avancé par Brigitte Grésy, qui veut investir davantage les pères dans la vie familiale, n’est pas recevable pour l’association "SOS papas" qui voit dans ce nouveau congé "non pas une avancée mais une avancette", explique Jean Latizeau, vice-président de l’association. "Cette idée sous-entend que les hommes ne s’investissent pas assez dans la vie familiale, ce n’est qui n’est pas forcément vrai", ajoute-t-il, soulignant que le vrai problème d’égalité entre les pères et les mères ne portent pas sur le fait de passer deux semaines de plus avec son enfant à la naissance, mais plutôt sur les inégalités bien plus profondes, comme "les gardes d’enfant alternées difficiles à obtenir pour les papas".

Combien coûterait le "congé d'accueil de l'enfant" à l’Etat ? Le coût de cette mesure, qui revient tout compte fait à accorder quinze jours supplémentaires aux pères, coûterait 250 millions d'euros. "Soit au total 500 millions d’euros pour le congé paternité d’un mois", explique Brigitte Grésy. "Le congé maternité, lui, coûte environ 2,5 milliards d’euros", ajoute-t-elle.

Ce congé existe-t-il ailleurs ? Dans certains pays européens comme en Norvège, le congé paternité est de deux mois (bientôt trois). L’Espagne, actuellement à deux semaines de congé paternité, passera à un mois en 2012. Au total, seuls huit pays de l’Union européenne n’ont pas de congé paternité.