Condamnée pour avoir arraché une burqa

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Condamnée pour avoir arraché une burqa
@ MAX PPP
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Une femme qui avait agressé une jeune Emiratie a écopé d’un mois de prison avec sursis.

La sexagénaire, jugée pour avoir agressé une jeune femme originaire des Emirats arabes unis lui arrachant son voile intégral, a été condamnée jeudi par le tribunal correctionnel de Paris à une peine d’un mois de prison avec sursis. La victime recevra 800 euros de dommages et intérêts alors qu’elle en demandait 10.000.

L’agression remonte au mois de février dernier. Dans un magasin du XVe arrondissement de Paris, la prévenue, une enseignante à la retraite qui a longtemps travaillé dans des pays arabes, croise une jeune femme de 26 ans dont seuls les yeux apparaissent derrière sa burqa qui lui couvre entièrement le corps. Elle commence par l’interpeller, en anglais, avant d’arracher son voile.

"C’est la négation de la femme"

La situation se serait envenimée quelques minutes plus tard. La victime assure avoir été giflée, griffée et mordue à la main. Elle s’est vue prescrire deux jours d’incapacité totale de travail.

"Je trouve inadmissible que l’on porte le niqab dans le pays des droits de l’homme. C’est une muselière, il ne manque plus que la laisse, c’est la négation de la femme", avait expliqué l’enseignante à la retraite dans les colonnes du Parisien il y a quelques semaines. "Je n’ai ni touché ni violenté cette femme, ce n’était pas mon intention. J’ai juste voulu lui arracher son niqab. Aujourd’hui, je reconnais que je n’aurais pas dû m’énerver, mais j’étais exaspérée", avait-elle cependant tenu à préciser.

La burqa est depuis interdite en France

Depuis cette affaire, la loi interdisant le port du voile intégral a été votée par le Parlement, puis validée par le Conseil constitutionnel. Elle entrera en vigueur dans six mois, une période censée permettre notamment un dialogue avec les femmes concernées par cette loi sur la burqa.

Un texte que le tribunal n’a pas souhaité commenter. La justice considère simplement dans son jugement que "le comportement violent" de la prévenue "révèle une intolérance à autrui contraire à toute possibilité d'explication, de cohabitation ou de dialogue entre des personnes aux modes de vie différents ou aux convictions opposées".