Condamnée pour une critique de restaurant salée

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Condamnée pour une critique de restaurant salée
@ MAXPPP
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DIFFICILE A DIGÉRER - Une blogueuse a été condamnée pour un article de blog sur un restaurant du Cap Ferret qu'elle n'avait pas apprécié.

Où s'arrête la critique ? Où commence l'insulte ? Une jeune femme a été condamnée le 30 juin dernier pour avoir rédiger sur son blog une critique acerbe sur un restaurant du Cap-Ferret. Le tribunal de grande instance de Bordeaux l'a condamnée en référé à 1.500 euros à titre de provision sur dommages et intérêts et 1.000 euros de frais de procédure, rapporte Arrêt sur images.

"Une harpie en gilet fluo".Le billet de blog en question, retiré du site depuis la condamnation, a été publié le 30 août dernier. Titré "L’endroit à éviter au Cap-Ferret", l'article faisait état du manque d'amabilité des serveurs et de la patronne de l'établissement. "Immédiatement, une harpie en gilet fluo nous saute sur le paletot pour nous houspiller de nous installer sans autorisation", écrit la blogueuse. Et de conclure : "un restaurant où nous n’irons plus parce que la patronne se prend pour une diva."

"Pas le temps de trouver un avocat". Un article qui apparaissait en premier dans les résultats Google lorsqu'on googlelisait le nom du restaurant. Et c'est sans doute pour cette raison que le restaurant visé a décidé de poursuivre la blogueuse. "Ils ne m'ont même pas demandé de supprimer l'article ou de modifier le titre avant de m'attaquer en référé. J'ai donc été complètement prise de court et j'ai choisi de ne pas prendre d'avocat pour des raisons pratiques, je n'avais même pas le temps d'en trouver un !", déplore la blogueuse, interrogée par Arrêt sur images. Cette dernière a toutefois choisi de ne pas faire appel et a supprimé l'article alors que le tribunal exigeait seulement qu'elle modifie le titre.

"On peut critiquer mais il y a une façon de le faire". Du côté du restaurant, la gérante estime que la blogueuse avait dépassé les limites et que l'article "relevait plus de l'insulte que de la critique".  "La blogueuse écrit un article où elle qualifie une de mes serveuses de harpie. Je ne peux pas laisser passer ça. (…) On peut critiquer mais il y a une façon de le faire, dans le respect, ce qui n'était pas le cas ici. Maintenant la justice s'est prononcée et pour moi l'affaire est close", a réagi la propriétaire.