Comment la vidéosurveillance aide les enquêteurs

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Comment la vidéosurveillance aide les enquêteurs
@ MaxPPP
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AU COEUR DE L'ENQUETE – Traque de Dekhar, mort d'une fillette à Berck-sur-Mer : dans ces dossiers, les images de vidéo surveillance ont été déterminantes.

Elles ont fixé l’image d’Abdelhakim Dekhar dans le métro lors de la traque du tireur parisien présumé. Elles ont aussi permis de diffuser la photographie de la mère de la fillette retrouvée morte à Berck-sur-Mer le 20 novembre dernier. Les caméras de surveillance sont devenues des outils incontournables dans la panoplie des enquêteurs. Europe 1 vous explique pourquoi.

Des caméras pas milliers. Au total, plus de 40.000 caméras de surveillance sont recensées en France sur la voie publique, auxquelles s'ajoutent les 600.000 des banques, des parkings, des gares ou des commerces. Rien qu'à Paris, 1.105 caméras ont été déployées dans le cadre du plan de vidéoprotection pour Paris (PVPP), lancé en 2011. Dans la capitale, ces caméras s'intègrent par ailleurs à un parc de près de 13.500 caméras qui comprend celles de la SNCF, de la RATP, de la ville de Paris et de plusieurs sociétés privées, dont les images sont visibles dans les commissariats et centralisées à la préfecture de police.

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© DR

Le point de départ pour un travail de fourmis. Si les images recueillies par les caméras de surveillance ne remplacent pas le travail de terrain pour recueillir et recouper des renseignements, elles sont une aide précieuse pour accélérer le travail enquêteurs. Dans le cas de l’affaire de Berck-sur-Mer, le signalement précis de la femme recherchée a conduit les enquêteurs à visionner des heures d’image enregistrées par les caméras de surveillance pour retrouver sa trace et diffuser son portrait dans un appel à témoins.

Mais pour exploiter les images prises par les caméras de surveillance, les enquêteurs doivent travailler dans l’urgence, car ces images ne sont conservées que 72 heures. Et ce, dans le meilleur des cas. A titre d’exemple, les images enregistrées dans certains bus de la RATP ne sont disponibles que quelques heures avant d’être écrasées. En cas de nécessité, le chauffeur du bus a toutefois la possibilité d’appuyer sur un bouton pour extraire des images et les mettre de côté, sur une durée maximale de 30 minutes. Dans le cas d’une filature effectuée a posteriori, il est ainsi très compliqué de retrouver quelqu’un sur des images.

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Ça marche bien pour l'identification... La qualité des enregistrements vidéos modernes offre aux enquêteurs la possibilité d’extraire des photos sur lesquels on peut facilement identifier un individu. Dans l’affaire du tireur parisien, les images saisies dans le métro ont permis d’accélérer la localisation d’Abdelhakim Dekhar, en suscitant des appels de témoins décisifs. "On a en France une technologie extrêmement éprouvée qui permet d'obtenir des images d'une très grande précision", confie Florent Montillot, expert en vidéoprotection joint par Europe1.fr. "La police scientifique a aujourd'hui les moyens de dépixelliser ou déflouter des photos", ajoute-t-il.

…moins bien pour la prévention Cependant, l’utilisation des caméras a ses limites. Leur présence ne constitue pas un outil dissuasif pour les délinquants ou les criminels. Elles ne sont notamment d’aucune utilité pour les agressions d’opportunité, commises par exemple sur la voie publique par des individus en état d’ébriété. Dans certains cas, les caméras de surveillance ne contribuent qu'à déplacer la violence.

Et à l'avenir ? Dans les années à venir, les progrès technologiques devraient accentuer encore le rôle des caméras dans le travail des enquêteurs. Ainsi, l'utilisation des logiciels de "détection automatique d'anormalité", utilisés notamment dans les aéroports américains, pour repérer dans une foule une personne qui a un comportement anormal, pourrait se généraliser. En revanche, la reconnaissance faciale, permettant de retrouver un profil recherché dans des images de foules, n’est pas encore aussi efficace qu’on pourrait l’imaginer en visionner certaines séries télévisées. Ce n’est peut-être qu’une question d’années.