Colonna : la reconstitution divise

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Colonna : la reconstitution divise
@ Maxppp
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La cour d’assises de Paris s’est déplacée lundi à Ajaccio, dans la rue où a été tué le préfet Erignac.

La rue Colonna d’Ornano, à Ajaccio, a été le théâtre lundi soir d’un moment crucial du cinquième procès Colonna. Dans cette petite rue où avait été tué par balles le préfet de Corse Claude Erignac, le 6 février 1998, s'est tenue une audience sous haute protection. Sans public et sans presse, à huis clos sous la protection de quelque 640 policiers et gendarmes, il s'agissait de la "remise en situation" du drame et non d'une reconstitution puisque les lieux ont beaucoup changé.

Menotté dans le dos, vêtu d’un gilet pare-balle, pendant trois heures, Yvan Colonna n’a pas dit un mot. Le silence de l’innocence, ont précisé ses proches. Pendant ce temps, sous ses yeux, les magistrats, les balisticiens et un figurant qui jouait le rôle du préfet ont étudié tous les scénarios possibles.

Pour l'avocat d'Yvan Colonna, Me Garbarini, cette reconstitution est satisfaisante. Il y a un vrai doute qui doit profiter à son client.

"Des thèses contradictoires" :

"Cette reconstitution est très favorable à la défense parce que, encore une fois, les thèses sont contradictoires", a souligné Me Pascal Garbarini. "Les balisticiens se crêpent le chignon donc si avec ça on condamne Yvan Colonna et bien c’est que manifestement on ne veut pas la manifestation de la vérité dans cette affaire".

"Alessandri donne une version impossible"

Un avis que ne partage pas la partie civile. Pierre Alessandri, condamné à perpétuité pour sa participation à l’assassinat du préfet Erignac et qui a accepté le déplacement, n’a pas du tout innocenté son ancien camarade, a estimé Me Benoît Chabert.

"Alessandri donne une version impossible car quand il place le préfet Erignac, il le place à deux mètres en avant du lieu où le corps a été retrouvé", précise l'avocat. "Ce qu’il dit n’est pas possible. Ce transport conforte en tout cas, mes convictions sur la culpabilité dYvan Colonna", a conclu Me Chabert.

La Cour est repartie dans la nuit à bord d'un avion militaire Transall. Toutes les parties se retrouveront à l’audience mercredi. Cette audience pourrait faire revenir le procès sur sa base, les dépositions initiales des hommes qui ont participé au crime. En effet, la défense veut mettre à profit les discordances entre témoins oculaires, certains ayant vu deux tueurs près du préfet et d’autres trois. L’accusation conteste tout problème puisque, selon elle, le troisième homme était hors de vue, posté en bas de la rue en pente.