Colonna dément être l’auteur de la lettre

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Colonna dément être l’auteur de la lettre
Yvan Colonna dément avoir écrit cette lettre.@ MAXPPP
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"On a pris des bribes de mes phrases et on a fait un faux", a assuré le berger de Cargèse.

Dernier jour de débat au procès Colonna, avec la confrontation jeudi devant la Cour d'assise spéciale de Paris des trois principaux protagonistes de l'assassinat du préfet Erignac : Pierre Alessandri, Alain Ferrandi, et Yvan Colonna. Au centre des débats, la lettre de menace que Colonna aurait envoyée à Alessandri, l'un des six membres du commando condamnés en 2003.

Pour la première fois, le berger de Cargèse s'est exprimé sur cette missive, révélée le 27 mai, dans laquelle l'auteur menaçait Alessandri de "guerre" s'il ne faisait pas tout pour l'innocenter au procès. Yvan Colonna a affirmé ne l’avoir jamais écrite. "C'est mon écriture, ce sont mes mots, ce sont mes expressions, mais cette lettre je ne l'ai pas écrite", a assuré Yvan Colonna.

"Je vis avec la rage, la haine"

"Cette lettre est un faux", "c'est un montage", a-t-il insisté, dans une déclaration d'une demi-heure. "Il y a forcément une manipulation quelque part", a-t-il fait valoir. "On a pris des bribes de mes phrases et on a fait un faux"

Et de décrire son état d’esprit : "Je vis avec la rage, la haine depuis 12 ans", parce qu'"on m'a accusé à tort". "Leurs silences, leurs mensonges, je les subis depuis 12 ans", a-t-il lancé.

"Je ne crois pas qu’il aurait pris le risque"

Le président a ensuite fait venir les deux anciens camarades de l’accusé, Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, pour une ultime confrontation. Appelé à la barre, Pierre Alessandri s’est montré excédé d’avoir, une nouvelle fois, à se justifier. "Je n’ai jamais eu cette lettre entre les mains, je ne l'ai jamais vue, je ne l'ai jamais eue dans ma cellule", a-t-il assuré.

"Je ne crois pas un seul instant qu'Yvan Colonna ait pu avoir de telles pensées et de tels propos", a-t-il argué. "Je ne crois pas qu'il aurait pris le risque majeur de m'envoyer un tel courrier", a conclu Pierre Alessandri, qui se présente depuis 2004 comme le tireur.

Mais la famille Erignac est convaincue qu’il ne s’agit pas d’un montage. Les plaidoiries des parties civiles vont commencer vendredi et le verdict est attendu vendredi prochain.