Colonna dans l'attente du verdict

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Colonna dans l'attente du verdict
Dans une déclaration d'une dizaine de minutes, Yvan Colonna a dit son "stress" et sa "peur".@ Reuters
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L'accusé s'est exprimé une dernière fois devant la Cour pour dire son innocence.

Alors que son procès touche à sa fin, Yvan Colonna a réaffirmé lundi son innocence dans l'assassinat en 1998 du préfet de Corse Claude Erignac et dans l'attaque quelques mois plus tôt de la gendarmerie de Pietrosella.

"J'ai jamais tué personne, j'ai jamais pensé tuer quelqu'un, j'ai jamais imaginé participer au meurtre de quelqu'un", a lancé Yvan Colonna, 51 ans, vêtu d'un T-shirt blanc à manches longues et d'un pantalon sombre, dans une déclaration d'une dizaine de minutes pendant laquelle il a dit son "stress" et sa "peur". Dans la salle, son fils Jean-Baptiste, âgé de 21 ans avait fait le déplacement pour le soutenir.

"Vous avez ma vie entre vos mains"

S'exprimant lentement et clairement, Yvan Colonna a regardé la Cour dans les yeux lors de sa prise de parole. "Je n'ai pas participé à l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella, ni à l'assassinat du préfet Erignac", a-t-il poursuivi. "Je vous demande tout simplement de me croire, parce que c'est la vérité. Je ne vais pas vous supplier, ça ne se fait pas", a-t-il dit aux neuf magistrats professionnels qui composent la cour.

"Je suis fatigué, très fatigué de me battre depuis des années. J'ai envie de rentrer chez moi, de retrouver un peu de paix", a ajouté Yvan Colonna. "Dans quelques minutes vous allez vous retirer. Vous avez ma vie entre vos mains", a-t-il conclu.

Pour la partie civile, Yvan Colonna a joué "un dernier numéro de comédien".

Pour la première fois, le verdict sera motivé

La cour d'assises spéciale de Paris s'est ensuite retirée pour délibérer. Le verdict est attendu en fin d'après-midi ou dans la soirée et sera motivé, une première pour une cour spécialement composée pour les affaires de terrorisme.

Yvan Colonna a été condamné deux fois à perpétuité. Le verdict d'appel en 2009, alourdi d'une période de sûreté de 22 ans, a été annulé par la Cour de cassation pour vice de forme. Le ministère public, qui le considère comme le tireur, a requis la réclusion criminelle à perpétuité, dont 22 ans de sûreté.