Colonna change de visage

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Colonna change de visage
L'ultime procès du berger corse permettra-t-il de faire toute la lumière sur l'assassinat du procès Erignac ?@ Reuters
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Yvan Colonna n’avait jamais autant parlé que mercredi matin, au 3e jour de son procès.

Depuis son arrestation spectaculaire en 2003, Yvan Colonna n’avait jamais autant parlé que mercredi matin. Au 3e jour de son procès, le berger corse a un peu brisé sa carapace. Condamné une première fois à la perpétuité en 2007 et une deuxième en appel en 2009 avant que la sanction ne soit rejetée par la cour de cassation en juin 2010, le meurtrier présumé du préfet Erignac a fait quelques confidences à la barre.

Il a parlé, longtemps, de sa première femme, Pierrette avec qui il a eu un fils. Mais aussi de sa nouvelle compagne, rencontrée lorsqu’il était en cavale et épousée en prison. "Je suis plutôt contre le mariage, mais j’ai ressenti ce besoin", a-t-il confié. Colonna a parlé, sourire en coin, en tripotant son alliance. Il s'est livré. Une "humanisation" raillée par les parties civiles, ce qui a le don de le mettre hors de lui.

"Je ris, je pleure comme tout le monde"

"Je suis tombé des nues, s’emporte Colonna. Je n’ai pas l’impression d’être un extra-terrestre. Je ris, je pleure comme tout le monde". Le ton agressif des deux derniers procès a laissé place à un discours calme, qui pourrait presque faire passer ce troisième procès pour un procès ordinaire.

Yvan Colonna a nié en tout cas le "plan com’". "Ce n’est pas une stratégie", commente le berger de 51 ans, qui avoue par ailleurs avoir quitté le mouvement nationaliste en 1990. Et celui qui se clame, encore et toujours innocent décide d’en remettre une couche. "C’est aberrant de penser que je peux tirer sur quelqu’un".

"Il est en train de manquer le coche"

"C'est un Colonna différent, beaucoup plus calme, qui n'accuse plus les uns et les autres à tort. Il est plus tranquille, il s'explique mais il ne dit rien de plus : il n'y a strictement rien de nouveau", a réagi Me Lemaire, l'avocat de la famille Erignac.

Et ce dernier d'ajouter : "c'est dommage, à mon avis, il est en train de manquer le coche. Il faut absolument qu'à un moment ou un autre, il assume une responsabilité. C'est une grande déception".