Coco Chanel, espionne nazie ?

  • A
  • A
Coco Chanel, espionne nazie ?
D'après une nouvelle biographie, Coco Chanel aurait rejoint les services allemands d'espionnage en 1941.@ DR
Partagez sur :

Un livre évoque la vie de la créatrice de mode pendant la Seconde guerre mondiale.

De quoi sérieusement écorner l'image de l'icône de la mode à la française. D'après une biographie à paraître en anglais mardi, Coco Chanel, violemment antisémite, aurait collaboré avec les nazis pendant la guerre. Pire, elle aurait même effectué des missions d'espionnage pour le compte de l’Allemagne.

Dans Sleeping with the enemy : Coco Chanel's secret war, la créatrice est décrite comme "férocement antisémite bien avant que cela ne devienne un moyen de plaire aux Allemands", rapporte The Daily Beast. "Elle s'est enrichie en satisfaisant les très riches, et partageait leur aversion pour les Juifs [...], tout comme leur croyance, après 1933, qu'Hitler était un grand Européen", poursuit le journaliste.

Nom de code : Westminster

Coco Chanel aurait rejoint les services allemands d'espionnage en 1941, à l’âge de 57 ans. Son nom de code : Westminster, d’après le nom de son ancien amant, le duc de Westminster. En août 1941, elle se serait ainsi rendue en Espagne avec un autre agent. Elle espérait, selon le livre, obtenir en échange la libération d’un neveu emprisonné dans un camp allemand.

L’ouvrage de l'Américain Hal Vaughan, qui vit à Paris, lève également le voile sur la relation de Coco Chanel avec le baron Han Günther von Dincklage, surnommé "Spatz", un espion allemand placé sous les ordres directs de Joseph Goebbels, le ministre de la Propagande nazie. La spécialité de cet homme cultivé qui parlait parfaitement le français ? "Se fondre dans la société française en véritable 'homme du monde', ce pour quoi il était réellement doué".

"Une part de mystère"

Le groupe Chanel a aussitôt répliqué, affirmant mardi que si la créatrice conserve "une part de mystère", elle n’était pas antisémite. Et le groupe de citer ses relations ou amitiés avec des personnes d’origine juive, à commencer par la famille Wertheimer, propriétaire de Chanel, ou encore la famille Rotschild, le photographe Irving Penn et l’écrivain Joseph Kessel.

D’après la maison de couture, elle se serait "rapprochée de Winston Churchill pour jouer les intermédiaires entre les alliés et les Allemands dans la perspective d’un accord de paix". C’est d’ailleurs son amitié avec Churchill qui lui aurait permis, une fois la guerre terminée, d’éviter les poursuites, selon une autre biographe de Coco Chanel : alors qu’elle avait été arrêté par des résistants parisiens, le Premier ministre britannique l’aurait faite rapidement libérer, jugeant qu’il ne fallait pas "prendre cette femme au sérieux".