Climat tendu en Nouvelle-Calédonie

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Climat tendu en Nouvelle-Calédonie
En augmentant ses tarifs, la compagnie Air Calédonie, ou AirCal, a déclenché un conflit dont les conséquences se sont révélées dramatiques.@ MAXPPP
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Une médiation religieuse a été acceptée par les protagonistes après les violences meurtrières.

Les tensions peinent à retomber en Nouvelle-Calédonie. Alors que de violents affrontements autour de l'aérodrome de La Roche ont fait quatre morts et 23 blessés samedi, le conflit sur le prix des billets d'avion et les terres continue de battre son plein.

Les prix des billets d'avion contestés

Depuis le 22 juillet, plusieurs aéroports domestiques sont bloqués en Nouvelle-Calédonie par des usagers, qui réclament une baisse des tarifs de la compagnie publique, dont le président est Nidoish Naisseline, également chef coutumier kanak du district de Guahma. Les violences meurtrières ont éclaté samedi lorsque des habitants du district de Guahma à Maré, ont essayé de les déloger de l'aérodrome de La Roche.

Dimanche, l'accès à cet aérodrome était encore bloqué par trois barrages tenus par des membres du collectif des usagers d'Aircal dont certains étaient armés de fusils et de sabres d'abattis. Environ 100 gendarmes et militaires ont été déployés dans l'île pour éviter tout nouveau drame.

Bataille rangée entre deux communautés

Outre la question du prix des billets d'avion, un différend foncier oppose les protagonistes, alors qu'un cadastre coutumier est en cours d'élaboration. Le député UMP calédonien Gaël Yanno a souligné "qu'en profondeur, cette montée de violence aussi subite était aussi due à des divergences coutumières entre les clans kanak de Maré, et à l'alcool du week-end".

Le haut-commissaire Albert Dupuy s'est rendu dimanche à Maré pour rencontrer successivement Nidoish Naisseline puis les usagers et les chefs kanak de La Roche. "On sent bien sûr encore les tensions, nous avons évoqué les pistes possibles pour renouer la discussion avec des responsables religieux et coutumiers", a-t-il déclaré.

Le représentant de l'Etat a également indiqué qu'une enquête judiciaire était ouverte et il a demandé aux chefs kanak "d'user de leur autorité" pour que les auteurs des tirs mortels soient livrés aux gendarmes.

"Une médiation des autorités religieuses" acceptée

A Paris, après une réunion à son ministère, la ministre de l'Outre-mer Marie-Luce Penchard a indiqué au micro d'Europe 1 que les parties en conflit avaient accepté le principe d'"une médiation des autorités religieuses" pour renouer le dialogue. Elle a également promis qu'il n'y aurait plus de barrages bloquant l'accès aux aéroports au-delà de lundi matin.

Trois jeunes hommes originaires de Guahma, dont un neveu Nidoish Naisseline, ont été tués samedi. La quatrième victime est un ressortissant de la tribu de Penelo, d'un autre district. Ces violences surviennent alors que Nicolas Sarkozy est attendu en Nouvelle-Calédonie du 26 au 28 août, dans un archipel à la paix fragile qui devra se prononcer prochainement sur son avenir institutionnel.