Clément Méric : les deux versions de la rixe

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Clément Méric : les deux versions de la rixe
Que s’est-il exactement passé, mercredi soir,avant la rixe qui a coûté la vie à Clément Méric, un militant d’extrême gauche âgé de 18 ans, à Paris ?@ MaxPPP
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Les antifascistes et les militants d'extrême droite se renvoient la balle sur l'agression de l'étudiant.

L’INFO.  Que s’est-il exactement passé, mercredi soir, avant la rixe qui a coûté la vie à Clément Méric, un militant d’extrême gauche âgé de 18 ans, à Paris ? Seule certitude, un groupe de quatre activistes anti-fascistes a croisé la route de plusieurs militants d’extrême droite lors d’une vente privée de vêtement de la marque Fred Perry dans le IXe arrondissement de la capitale avant de s'affronter sur le trottoir de la rue Caumartin. Frappé par l'un des skins, Clément Méric a chuté sur la chaussée en heurtant un plot. Qui a provoqué la bagarre ? Difficile de le savoir tant les versions divergent selon les propos tenus par les deux groupes de militants impliqués.

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Des auditions en cours. Jeudi huit personnes appartenant à la mouvance de la droite la plus extrême ont été interpellées et placées en garde à vue. Parmi elles figurent l’auteur présumé du coup de poing fatal, un jeune homme de 20 ans né en Espagne. Placé en garde à vue, le jeune homme a reconnu avoir frappé Clément Méric, mais il assure qu'il n'avait pas l'intention de le tuer. L'autopsie réalisée vendredi matin devrait ainsi déterminer si la mort résulte d'un coup mortel ou d'une mauvaise chute.

Jamais condamné par la justice, le jeune homme était connu des services de police pour son appartenance, ou sa proximité, avec les Jeunesses nationalistes révolutionnaires. C'est donc grâce à la Direction du Renseignement de la Préfecture de Police (DRPP) (ex Renseignements généraux parisiens) que la police judiciaire a réussi à l'identifier. Le jeune homme a été interpellé à Saint-Ouen par la brigade antigang. Au moment de son arrestation, il se trouvait avec trois de ses amis. Selon les informations d'Europe 1, tous se rendaient au commissariat pour se rendre.Trois autres skinheads se sont constitués prisonniers, dont une jeune fille de 19 ans qui était sur les lieux du drame. Plus tard dans la soirée un autre militant proche de l'extrême s'est rendu au commissariat où il a été placé en garde à vue.

Pour l'heure, les différentes auditions sont contradictoires. Mais il n'est pas impossible que ce soit les militants d'extrême gauche qui aient commencé à insulter les skinheads. Il n'est pas exclu non que ce soit eux qui soient sortis les premiers de la boutique et qu'ils soient restés devant jusqu’à la sortie des skinheads.

Les skinheads "les ont agressés". D’un côté, des militants de l’action Anti-Fasciste Paris-Banlieue, qui n’étaient pas présents lors de la rixe fatale à Clément Méric, ont rapporté à Europe 1 les témoignages des participants à la bagarre. "Lors de la vente, ils ont reconnu des individus appartenant à la mouvance skin néo-nazi", raconte un membre de cette organisation dont Clément Méric était membre. "Suite à cela, ils les ont retrouvé à l’extérieur. Les skinheads étaient alors cinq, armés et ils les ont agressés", explique-t-il.

"Le cadre est avant tout une agression à caractère politique", insiste ce militant d’extrême gauche. "L’un des particularités est de repérer tous leurs ennemis politiques. Ils savaient pertinemment, au-delà d’un code vestimentaire ou autre, qu’ils avaient en face d’eux des militants antifascistes. Ils ont généré une attaque politique qui a abouti à un meurtre politique".

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© GOOGLE STREET VIEW

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Une "bousculade" qui a mal tourné. Dans le camp des Jeunesses nationalistes révolutionnaires, auxquelles sont soupçonnées d’appartenir les  skinheads mis en cause, le son de cloche est tout autre. Leur fondateur, Serge Ayoub, nie tout lien des participants à la rixe avec son organisation. Il les a toutefois eus au téléphone dans la nuit de mercredi à jeudi et, selon lui, ils n’ont fait que se défendre.

Pour Serge Ayoub, ce drame, "c’est quelqu’un qui est poussé, qui tombe par terre et qui en meurt", assure-t-il au micro d’Europe 1. "C’est une bousculade. C’est une horreur.  Mais, en vérité, ce sont des coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", assure-t-il. "On ne saura jamais vraiment qui a commencé".

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Et Serge Ayoub de dénoncer les organisations antifascistes. "C’est un gamin de 20 ans qui est mort. Qui l’a embrigadé ? Qui lui a dit qu’il fallait être un chasseur de skin ?" s’interroge-t-il Avant de conclure : "Dans ce pays, si vous avez les cheveux trop courts ou si vous êtes victimes d’une calvitie naissante, vous risquez d’être lynché par ces gens-là qui combattent soi-disant le fascisme".

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