Clearstream : "l'obsession" Ben Laden

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Clearstream : "l'obsession" Ben Laden
Clearstream II : Dominique de Villepin sort de la salle d'audience@ REUTERS
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Europe1.fr a suivi, de l'intérieur, le troisième jour d'audience du procès Clearstream.

18h00 : L'audience est suspendue et reprendra, lundi à 9 heures. A la reprise de l'audience, l'épouse d'Imad Lahoud sera entendue.

17h22 : "Jean-Louis Gergorin a essayé de me contacter à plusieurs reprises à mon secrétariat. Les appels ont été dirigés, à ma demande, vers mes collaborateurs (Bruno Le Maire)", explique Dominique de Villepin. "Entre janvier et avril, nous nous sommes croisés dans le bureau de Bruno Le Maire. Mais à aucun moment, nous n'avons évoqué l'affaire" Clearstream, ajoute-t-il. Jean-Louis Gergorin est d'un tout autre avis. Selon ce dirigeant d'EADS, le ministre des Affaires étrangères de l'époque lui a conseillé de transmettre les listings Clearstream à un juge, compte-tenu de l'apparition de noms de personnalité comme Sarkozy, Hortefeux. Cette contradiction était déjà apparue lors du premier procès Clearstream.

16h30 : Le ton montre entre les avocats. L'audience est suspendue 10 min.

16h10 : Le parquet interroge : "Clearstream et Ben Laden, ce n'est pas la même affaire". "Oui, mais c'est la même source : Imad Lahoud", lui répond l'avocat de Jean-Louis Gergorin.

15h54 : Après cette garde à vue, "tout aurait dû s'arrêter parce que la source était pourrie", lance Dominique de Villepin au sujet d'Imad Lahoud. "Cette source pourrie aurait due être écartée après le 25 mars. Mais elle a été réactivitée, accélérée", ajoute-t-il. "En fait, le ministère de la Défense (et donc le général Rondot) avait un intérêt supérieur pour sauver le soldat Lahoud" : ses liens supposés avec Ben Laden, insiste Dominique de Villepin. Selon lui, Lahoud (qui assure avoir géré les comptes et rencontré trois fois le leader d'Al Qaïda), pouvait aider à remonter la piste Ben Laden. Dominique de Villepin rappelle d'ailleurs que le général Philippe Rondot, spécialiste du renseignement qui enquêtait en 2004 sur les listings Clearstream avec Imad Lahoud, est allé avec lui au Liban en 2004 sur la trace d'Oussama ben Laden.

15h20 : Peu de temps après cette garde à vue, Dominique de Villepin téléphone toutefois au général Rondot, explique la présidente de la Cour. Selon le militaire, il lui demande alors de faire libérer Imad Lahoud. "Je n'ai pas donné d'instruction au général Rondot de le libérer (...). J'ai le réflexe très normal de lui dire: voyez ce qu'il en est, en d'autres termes, faites au mieux", poursuit Dominique de Villepin. Mais "ma propre intervention est comme le fruit confit dans le cake, c'est-à-dire qu'(...) elle est sans aucune conséquence dans ce dossier".

15h11 : "Je n'ai pas demandé au général Rondot de libérer la source Imad Lahoud" lors de sa garde à vue du 25 mars 2004, lance Dominique Villepin. A l'époque, "je ne connais pas la source (Imad Lahoud), je ne savais pas que c'était un délinquant, un escroc au renseignement, je ne savais rien de la source", ajoute-t-il expliquant que, le jour de cette garde à vue, il se trouvait à un conseil européen sur les conséquences des attentats de Madrid. (Le 25 mars 2004, Imad Lahoud se retrouve en garde à vue dans une autre affaire : celle d'une escroquerie dont la victime est un magazine de golf).

15h02 : "Je ne suis pas fou", lâche Jean-Louis Gergorin, provoquant des sourires dans la salle.

Gergorin

14h40 : "Les services de renseignement sont des services professionnels", insiste Dominique de Villepin pour démontrer que le général Rondot ne lui a pas - non plus - donné le nom de la source de l'affaire Clearstream. Il ajoute : "le général Rondot ne m'a pas donné, en 21 ans où j'ai travaillé avec lui, un seul nom de source".

14h38 : "Il n'a pas été question de source lors de cette entrevue. Et encore moins d'une source "frère de". L'Etat ce n'est pas du copinage. Le service de l'Etat, c'est le respect des règles", répond Dominique de Villepin à Jean-Louis Gergorin. "Citer le nom de la source, c'est la mettre en danger. Je le répète, (...) si le nom d'une source m'avait été donnée, l'affaire s'arrêtait là."

14h37 : Jean-Louis Gergorin insiste : il a dit à Dominique de Villepin - après cette réunion du 9 janvier - que la source était le frère de Marwan Lahoud, ancien conseiller de Charles Millon. "Je suis certain qu'on a évoqué une source informatique ayant accès à Clearstream", martèle-t-il. "Pourquoi me serais-je censuré ?" Quant au nom d'Imad Lahoud, "je suis quasiment certain d'avoir dit que la source était le frère de Marwan Lahoud, lors d'une de mes réunions en tête-à-tête avec Dominique de Villepin".

14h26 : Pour Jean-Louis Gergorin, il semble improbable que le nom "Clearstream" n'ait pas été prononcé lors de cette réunion. C'était le nom même de l'affaire. Pour la première fois, depuis, le début de l'audience, le géostratège esquisse un sourire.

14h21 : Lors de cette réunion de janvier, le nom même de "Clearstream" n'a pas été évoqué, selon Dominique de Villepin. "Ce n'était pas l'objet de la réunion", insiste-t-il. "Il s'agissait d'évaluer la menace. Les conditions techniques du dossier ne sont pas l'objet".

14h15 : Jean-Louis Gergorin prend la parole. "Le nom de Sarkozya été mentionné par moi très prudemment, en toute fin de réunion", dit-il.

14h10 : Dominique de Villepin assure que, lors de la réunion du 9 janvier 2004 avec Gergorin et Rondot, "à aucun moment je n'ai fait plus référence à Nicolas Sarkozy qu'à un autre compte". "A aucun moment, il n’a été question d’un compte Sarkozy devant moi lors de cette réunion", ajoute-t-il avant de préciser qu'il s'est, à plusieurs reprises, absenté de cette réunion et que le nom de Nicolas Sarkozy a pu être cité à ce moment là. "Je serais ravi de témoigner que ce nom ait alors été évoqué car ce serait clairement la preuve de l'instrumentalisation dont j'ai fait l'objet" de la part d'Imad Lahoud ou Jean-Louis Gergorin, dit-il encore.

Dominique de Villepin

14h05 : L'audience de ce jeudi va être en partie consacrée à Nicolas Sarkozy, dont le nom a été rajouté sur les faux listings Clearstream.

13h48 : A l'énoncé de cette QPC, toute aussi fantaisiste que la première (lundi), Me Iweins - avocat de Jean-Louis Gergorin - se retourne vers ses stagiaires et leur fait signe que Jacques Bidalou est "fou".

13h42 : L'audience est ouverte. La présidente de la Cour Christiane Beauquis commence par rejeter la fantaisiste QPC (question priorité de constitutionnalité) de Jacques Bidalou, habitué des palais de Justice et partie civile dans cette affaire, qui a décidé mercredi de déposer une autre QPC. Au micro, il dit estimer qu'il appartient à la Cour de justice de la République de juger l'affaire Clearstream.

13h00 :Mercredi, Dominique de Villepin s'est montré imperturbable. "Il faut à un moment revenir sur terre", a assené l'homme politique, et cesser "la lecture tendancieuse ou biaisée" des notes du général Rondot, qui en janvier 2004 "ne marquait aucune réserve" quant à la véracité de la menace. "Tout le reste est un procès d'intention", a-t-il ajouté. Relaxé en première instance du chef de "complicité de dénonciation calomnieuse", Dominique de Villepin a ensuite redit qu'il n'avait pas évoqué les listings Clearstream avec le président Jacques Chirac, contrairement à ce qu'affirme l'ancien haut responsable d'EADS, Jean-Louis Gergorin.