Chômeurs : Pôle emploi fait le tri

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Chômeurs : Pôle emploi fait le tri
@ MAX PPP
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Le suivi sera différent selon leur difficulté à retrouver un emploi.

Après le suivi personnalisé des chômeurs, le suivi "profilé". La direction de Pôle emploi a annoncé mardi, lors d'un comité central d'entreprise extraordinaire, les nouvelles modalités d'accompagnement des personnes sans-emploi.

Ce nouveau dispositif met en œuvre la nouvelle convention 2012-2014 négociée avec l'Etat et l'Unedic fin 2011, avec la priorité affichée de "personnaliser l'offre de services".

L'accompagnement renforcé pour les plus fragiles

Désormais, les chômeurs bénéficieront d'un accompagnement différent, selon leur degré d'éloignement de l'emploi évalué au préalable par un conseiller. L'"accompagnement renforcé" s'adresse à ceux qui en sont le plus éloignés. Il se traduira notamment par des contacts mensuels et la proposition d'offres ciblées.

En outre, les conseillers en charge de ces demandeurs d'emploi ne pourront s'occuper de plus de 70 chômeurs. Actuellement, les conseillers gèrent en moyenne 117 personnes, selon les chiffres officiels, mais certains en suivent beaucoup plus.

Un suivi 100% web

L'"accompagnement guidé" est réservé aux demandeurs ayant "besoin d'avoir un appui régulier" tandis que "l'appui et le suivi à la recherche d'emploi" sont destinés aux demandeurs "proches du marché du travail et autonomes".

Innovation, les demandeurs "volontaires" de ces deux dernières catégories se verront proposer un accompagnement "100% web" et dématérialisé (par e-mail, téléphone, chat).

4 millions de personnes accompagnées

Les syndicats ont fait part de leurs craintes après l'annonce de ces changements. Ils s'élèvent contre ce traitement différencié et pointent notamment les risques d'une dématérialisation du suivi. Le SNU-Pôle emploi dénonce ainsi "un risque de dépersonnalisation extrêmement dangereux, rien ne remplaçant la relation humaine".

Depuis la fusion Anpe-Assédic en 2009, Pôle emploi gère l'indemnisation et l'accompagnement de plus de 4 millions de personnes, dont 2,8 millions demandeurs d'emploi sans aucune activité fin mars en France métropolitaine.