Chômage : les pistes d'un économiste

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Chômage : les pistes d'un économiste
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Alors que le chômage est au plus haut depuis 1999, quelles solutions pour enrayer la hausse ?

Nouvelle dégradation du chômage en novembre. Presque 30.000 demandeurs d’emploi supplémentaires, quasi sept mois de hausse continue. Les hommes, les femmes, jeunes, moins jeunes, tout le monde est touché par cette nouvelle vague de hausse de 1,1%. Xavier Bertrand le ministre du Travail, voit dans ces chiffres une conséquence directe du ralentissement de l’activité économique. C’est aussi le constat d’Eric Heyer, économiste à l’'OFCE (observatoire français des conjonctures économiques), qui s’est exprimé mardi sur Europe 1.

"On a tout essayé pas forcément au bon moment"

Pour l’économiste, lutter contre le chômage est possible, même en période de récession. Pour cela, explique-t-il, il faut adapter les mesures. "On voit bien qu’augmenter le temps de travail a des bonnes conséquences en période de haute conjoncture. On a tout essayé mais pas forcément au bon moment. Une politique économique peut avoir une répercussion si vous êtes dans une conjoncture et une autre conséquence dans une conjoncture différente". Or, en cette période de ralentissement économique, augmenter le temps de travail n’apparaît pas comme étant la solution la mieux adaptée.

"Relancer le chômage partiel"

Eric Heyer insiste sur le fait qu’il n’y a que deux principales solutions pour lutter contre le chômage en période de récession. La première revient à copier la situation des contrats en Allemagne. "Pour éviter une explosion du chômage, vous avez le modèle Allemand. Cela revient à réduire le temps de travail en période de basse conjoncture et l’augmenter en période de haute conjoncture", insiste l’économiste de l’OFCE.

Cette réduction du temps de travail peut se faire en partageant ce temps entre les salariés. Cela revient, plutôt que de licencier, à favoriser le chômage partiel.

"Traitement social du travail"

La seconde solution soufflée par Eric Heyer revient à s’en remettre à l’Etat providence. C’est lui qui doit insuffler un cercle vertueux. "Quand le secteur privé ne crée plus d’emploi, c’est à l’Etat de prendre le relais. C’est ce qu’on appelle le traitement social du chômage. Ce sont les contrats aidés", décrypte Eric Heyer, qui précise que "ce n’est pas une solution à long terme".

"Le vrai problème ce n’est pas un problème de législation mais de croissance économique donc de demande. Il faudra tout libérer mais au moment où la croissance  économique sera présente", conclut Eric Heyer.