Chatroulette plagié pour la bonne cause

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Chatroulette plagié pour la bonne cause
@ Publicis
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Ni Putes Ni Soumises lance un site choc pour sensibiliser à la violence faite aux femmes.

Le nouveau site lancé par Ni Putes Ni Soumises (NPNS) ressemble à chatroulette, le chat vidéo aléatoire qui cartonne actuellement. Sur doyouchat.com, l’internaute est invité à dialoguer avec une autre personne choisie au hasard par le logiciel. Passe un homme avachi sur son lit et d’autres supposés chatteurs avant qu’une jeune fille souriante ne commence à engager la conversation. C’est alors qu’un homme entre dans le champ de la webcam. Il frappe la jeune fille, la jette au sol et la roue de coups de poings. Pendant une trentaine de secondes, l’internaute assiste, impuissant, à une scène de violence domestique.

S’affiche alors ce message : "Là vous ne pouvez rien faire pour elle. Mais si ça arrive à votre sœur, votre voisine ou une amie, agissez." Puis apparaissent les coordonnées du site de Ni Putes Ni Soumises et le numéro de téléphone de l’association.

Regardez la scène :

Ce site a été lancé le week-end dernier. Destiné aux jeunes de 15-25 ans très présents sur internet, doyouchat.com est aujourd’hui accessible par le biais de bannières publicitaires sur Skyrock.com. Il devrait l’être prochainement sur d’autres sites visités par des jeunes. Il vise à "provoquer un choc émotionnel puis à apporter une réponse rationnelle", explique Véronique Sels directrice de création à Publicis, l’agence de communication qui a conçu gracieusement la campagne.

La présidente de NPNS reconnaît que la séquence peut choquer. Mais pour Sihem Habchi, "il faut sortir du mal français qui est de tout cacher". Faisant un parallèle avec les campagnes de prévention pour la sécurité routière, elle estime qu’il est important de "mettre les gens face à leurs responsabilités". Elle rappelle qu’une femme meurt tous les deux jours en France des coups portés par son conjoint et ajoute que beaucoup de violence déferle sur internet et qu’une jeune fille a même été battue par ses frères pour avoir chatté sur MSN.

L’idée est aussi de toucher directement les jeunes sur les réseaux sociaux, en détournant des médias auxquels ils sont habitués. Et de les faire réagir. Le site devrait par la suite s’enrichir d’une plateforme d’échange.

REAGISSEZ – Que pensez-vous de la campagne de NPNS ?