Cette commune française qui fâche Israël

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Cette commune française qui fâche Israël
. Le maire de Bezons, Dominique Lesparre (PCF), a défendu sa décision, estimant qu'elle s'inscrivait dans une démarche "plus large" de soutien à la cause palestinienne et à ce village.@ Capture Google maps
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Bezons a fait "citoyen d'honneur" un Palestinien accusé d'être impliqué dans un assassinat.

L'INFO. Bezons, petite commune sur la rive droite de la Seine, a déclenché l'ire des associations juives. Notamment le Congrès juif européen (CJE) et le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Elles critiquent la décision de cette mairie communiste du Val-d'Oise de faire "citoyen d'honneur" un prisonnier palestinien accusé par Israël d'être impliqué dans l'assassinat d'un ministre israélien.

L'assassinat du ministre du Tourisme. Majdi Ihrima Al-Rimawi est un militant palestinien condamné à 80 ans de prison pour sa participation à l'assassinat du ministre du Tourisme Rechavam Zeevi, en octobre 2001 à Jérusalem. Il a été honoré lors d'un conseil municipal extraordinaire le 13 février. Une plaque avec son nom a été installée à l'entrée de la mairie.

Que disent les associations ? "Il s'agit d'une décision scandaleuse et terrifiante", a dénoncé dans un communiqué le président du CJE, Moshe Kantor, qui critique le fait que Majdi Al-Rimawi soit présenté par la mairie de Bezons comme une "victime de l'occupation". "Il est inconcevable qu'un élu soit à ce point ignorant qu'il qualifie de victime un meurtrier de sang-froid", assure Moshe Kantor, qui s'émeut de ce que "le meurtre et le terrorisme soient glorifiés quand ils devraient être condamnés sous toutes leurs formes".

De son côté, le Crif s'est dit "scandalisé" par cette décision d'honorer "l'un des assassins du ministre israélien Rehavam Zeevi". "La décision de la Mairie de Bezons est une incitation à la haine. L'étape logique suivante pour la Mairie est désormais d'honorer Mohamed Merah d'une place dans la ville de Bezons", affirme le communiqué du Crif.

maire bezons 930

© Max PPP

Que dit la mairie ? La commune, jumelée avec West-Bani-Zaïd, en Palestine, a expliqué son choix par un souci de "solidarité" avec les habitants de la ville, dont l’ancienne maire, Fathiya Ihrima-Barghouti, est l'épouse de Majdi Ihrima Al-Rimawi. Le maire de Bezons, Dominique Lesparre (PCF), a défendu sa décision, estimant qu'elle s'inscrivait dans une démarche "plus large" de soutien à la cause palestinienne et à ce village.

"On n'est pas sur des actions terroristes, on est sur des actions concrètes d'aide au développement", a expliqué Dominique Lesparre. "Nous travaillons depuis de longues années avec l'ancienne maire Fathiya Ihrima-Barghouti, qui est une personne très courageuse. Il nous paraissait important d'être présent à ses côtés, de façon symbolique", a-t-il ajouté.