Ces travailleurs de l’Est qui construisent l'EPR

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Ces travailleurs de l’Est qui construisent l'EPR
@ REUTERS
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30% des salariés de Flamanville sont étrangers. Les syndicats dénoncent leurs conditions de travail.

Pour construire le futur réacteur nucléaire de nouvelle génération EPR à Flamanville, dans la Manche, EDF emploie majoritairement des travailleurs originaires des pays de l’Est. France Soir, qui révèle l’information dans son édition de mardi, indique ainsi que plus d’un millier d’étrangers sur les 3.200 salariés de l’entreprise publique sont essentiellement roumains et bulgares mais aussi espagnols ou portugais.

Il y a quelques jours, certains de ses travailleurs ont placardé sur le chantier une affichette pour exprimer leur ras-le-bol, sur lequel on pouvait lire "stress, oppression, désespoir, on en a marre".

"C’est inacceptable"

Les syndicats s’inquiètent aussi des conditions de travail de ces salariés étrangers. "Elles ne sont pas tout à fait les mêmes que pour les travailleurs français, mais là, impossible de savoir combien ils sont payés et combien d’heures ils font réellement", assure à France Soir Jacques Tord, délégué CGT sur le chantier de Flamanville. Toujours selon ce syndicat, la grande majorité des salariés roumains, employés par Bouygues Construction, travailleraient entre 10 et 15 heures par jour. "Parfois ils commencent à 6 heures du matin pour finir à 22 heures le soir. C’est inacceptable", confie-t-il, au micro d'Europe 1.

Des contrôles difficiles à faire

Des informations difficiles à vérifier sur le terrain. En la matière, ce n’est pas l’Inspection du travail qui est compétente mais l’Autorité de sûreté nucléaire. Or, celle-ci reconnaît que les contrôles sont difficiles à effectuer, notamment car les fiches de paie sont écrites en roumain.

Du côté de Bouygues Construction, premier employeur du chantier, on explique ce recours massif à des travailleurs des pays de l’Est par le fait que ces emplois "pénibles" n’auraient pas trouvé preneurs parmi les ouvriers français. "Le recrutement effectué au niveau local n’a pas tenu toutes ses promesses, [en raison du] manque de candidats expérimentés pour des postes de gros œuvre allant de la maçonnerie au banchage en passant par le ferraillage", a précisé l’entreprise à France Soir.