Ces traces biologiques nous "trahissent"

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Ces traces biologiques nous "trahissent"
@ MaxPPP
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LE POINT DE VUE DE - Laurent Pène est ingénieur en chef à l’Institut national de la Police scientifique.

Une adolescente de 13 ans a été identifiée vendredi dernier comme l'auteure d'un cambriolage commis en 2012 dans la région toulousaine grâce à des prélèvements effectués sur de la matière fécale retrouvée sur les lieux de son forfait. La cambrioleuse avait ainsi laissé des traces ADN sur des papiers hygiéniques. Cette affaire illustre les multiples possibilités de la police pour déceler le profil génétique d’un individu. Confirmation avec Laurent Pène, ingénieur en chef à l’Institut national de la Police scientifique, à Lyon.

>> L'HISTOIRE - Confondue par de la matière fécale

Quelles sont les types de traces biologiques recherchées par la police scientifique ? "On distingue deux types de traces. Il y a d’un côté les traces "riches", provenant du sang, du sperme ou de la salive. Après analyse dans nos laboratoires, ces traces sont exploitables dans plus de 70% des cas pour établir un profil génétique. D’un autre côté, on trouve les traces "pauvres", issues des cellules de la peau, déposées soit par frottement, soit par contact transitoire sur des objets ou des vêtements. Ces dernières permettent, dans 15 à 20% des cas, de définir un profil génétique. A chaque fois, le profil génétique retrouvé est enregistré dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques".

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© MAX PPP

Qu’en est-il alors des analyses sur les excréments ? Les excréments sont très rarement utilisés par les enquêteurs dans le cadre de traitement de la délinquance de masse parce qu’ils sont compliqués à traiter. Lors du prélèvement, il faut en effet les congeler et ne jamais briser la chaîne du froid. Les policiers doivent donc être équipés de moyen de réfrigération et faire parvenir leurs prélèvements en faisant appel à des transporteurs spécialisés, ce qui est très coûteux. Généralement, les seuls éléments congelés que nous recevons sont des éléments gynécologiques, dans le cadre d’affaires de viols, ou des éléments de cadavres, prélevés lors d’autopsie.

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© MAX PPP

Quels progrès peut-on attendre de ces techniques à l'avenir ? "Aujourd'hui, on commence à avoir des machines qui font des analyses en une heure. On en est au début. Mais il est clair que, dans cinq ou dix ans, ce genre de processus va se généraliser, grâce aux progrès de la micro-physique. En diminuant la taille des machines sur lesquelles on travaille, on pourra travailler encore plus vite et avec une meilleure sensibilité".