Ces plans sociaux qui menacent Sarkozy

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Ces plans sociaux qui menacent Sarkozy
@ Maxppp
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A quelques mois de la présidentielle, le gouvernement s’active pour éviter tout licenciement.

En novembre dernier, le chef de l’Etat avait donné le ton. Face à l’inquiétude soulevée par l’annonce de la suppression de 5.000 emplois en France chez PSA, Nicolas Sarkozy avait pris le dossier en main et assuré qu'il n'y aurait pas de plan social au sein du groupe automobile. Avec un chômage à son plus haut niveau depuis 1999, le gouvernement retrousse désormais ses manches. Objectif : éviter un nouveau "Gandrange" dans les entreprises menacées par des plans sociaux, alors que la désindustrialisation s’est confortablement installée comme thème de campagne pour 2012. Europe1.fr passe en revue ces dossiers sensibles pour le gouvernement.  

Photowatt. Pionnier français de l'énergie solaire avec 442 salariés, est en grande difficulté financière. Il a été placé en redressement judiciaire le 8 novembre, avec une période d'observation de six mois. La ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a affirmé mardi que l'Etat était "prêt à aider" le fabricant de panneaux solaires Photowatt, qui emploie 442 personnes sur son site de Bourgoin-Jallieu, dans l’Isère, mais a relevé "un problème" lié aux brevets de haute technologie de l'entreprise.

Petroplus. Les salariés de la raffinerie helvétique se montraient lundi déterminés à ne pas "mourir en silence", alors que les manœuvres d'arrêt temporaire du site, faute d'alimentation en brut, venaient de commencer. La raffinerie de Petit-Couronne, près de Rouen, était déjà sous le coup d'un projet de plan social menaçant 120 emplois sur 550. Une rencontre entre Eric Besson et Paul Vettier, CEO de Petroplus, se tiendra à Bercy mercredi en fin de journée. La semaine dernière, le gouvernement avait déjà "immédiatement" saisi la Médiation du crédit français "pour intervenir auprès des banques".

 

SeaFrance. Le sort de la compagnie de ferries, en liquidation judiciaire, sera examiné lundi prochain. Le tribunal de commerce de Paris a reporté son audience afin de laisser quelques jours aux 880 salariés pour boucler la partie financière de leur projet de reprise via une coopérative (Scop). Le gouvernement a en effet changé son fusil d’épaule lundi. Initialement opposé au projet de société coopérative et participative, il se dit désormais prêt à soutenir l’initiative, menée par la CFDT.

Fralib. Environ 70 salariés de l'usine du groupe Unilever de Gémenos, dans les Bouches-du-Rhône, se sont rassemblés sur le site mardi matin pour redemander la reprise de l'activité, un mois et demi après l'annulation du plan social. Le personnel de l'usine - la seule à produire en France les thés Lipton et les infusions Eléphant - soutient un projet alternatif de reprise par un collectif de salariés, passant notamment par l'abandon par Unilever de la marque Eléphant, exclusivement vendue en France et majoritairement fabriquée à Gémenos avant l'annonce de la restructuration. Pour tenter d’avancer, les salariés demandent une table ronde réunissant l’Etat, les collectivités territoriales et l’actionnaire. Sans réponse, pour l’instant, du gouvernement.

Lejaby. Les 450 employés du fabricant de lingerie, situé en banlieue lyonnaise, sont inquiets après le placement de l'entreprise en liquidation judiciaire. Si plusieurs repreneurs se sont déjà manifestés, il n’est pas sûr qu’ils souhaitent conserver tous les emplois existants. Les représentants des salariés ont assuré que cette liquidation, assortie d'une poursuite d'activité jusqu'au 20 janvier, n'est qu'un "moyen technique" de maintenir l’entreprise en activité. "Je ne vois pas pourquoi les 240 salariés de Lejaby qui sont sur le carreau ne bénéficieraient pas, elles aussi, d'une prime supralégale de 50.000 euros. Elles vont aller voir Nicolas Sarkozy",a dénoncé dans Les Echos le secrétaire confédéral de la CGT chargé de l'emploi, Maurad Rabhi, après l'intervention du chef de l'Etat dans le dossier SeaFrance.

Goodyear. Le groupe voulait mettre un terme à la production de pneus de tourisme à Amiens-Nord, en supprimant 817 postes (sur les 1.300 que compte le site), et prévoyait de céder celle de pneus agricoles à Titan. Mais ce plan social a été invalidé à plusieurs reprises par la justice, saisie par la CGT du site qui combat vigoureusement ce projet. La réunion de deux représentants de Titan, la CGT du site d'Amiens-Nord et leur avocat ainsi que des représentants du gouvernement - mais sans Goodyear - s'est tenue mardi après-midi au ministère du Travail à Paris. "Elle a permis de faire le point sur le projet de reprise du site. Titan a notamment annoncé qu'il ne conditionnait plus la reprise de l'activité de pneus agricoles à la fermeture de l'activité de pneus de tourisme, comme c'était le cas auparavant", a indiqué Mickael Wamen, représentant CGT chez Goodyear.

Les banques françaises dans le rouge. Société Générale a indiqué mi-novembre qu'elle comptait supprimer "des centaines d'emplois en France". BNP Paribas a, pour sa part, annoncé en novembre la suppression de près de 1.400 postes dans sa banque d'investissement (CIB) dont 373 en France. A cette occasion, le ministre de l'Economie François Baroin a rappelé les exigences du gouvernement envers les banques. "Il faut que dans leur plan d’ajustement, ça se fasse sur des activités qui ne sont pas prioritaires pour l’activité économique", avait-il déclaré. Enfin, le Crédit Foncier, lui, va réduire ses effectifs de 12% dans le cadre d'un plan de réduction de ses coûts et d'un repli de ses activités sur le marché français. L’année

Chomarat. Les salariés de Chomarat, entreprise ardéchoise spécialisée dans le textile ont repris le travail en novembre, après avoir obtenu le "report jusqu'à fin février" du plan social prévoyant la suppression de 122 postes.