Ces ouvrières de Lejaby qui déchantent

  • A
  • A
Ces ouvrières de Lejaby qui déchantent
Aujourd'hui, certaines employés ont du mal à se former à un nouveau métier.
Partagez sur :

Un mois après la reprise du travail, Nicolas Sarkozy se rend jeudi à l'usine d'Yssingeaux.

Dans l'atelier, le cuir a pris la place de la dentelle. Depuis la reprise en février de l'ensemble des 93 salariés de la dernière usine de lingerie Lejaby en France par un fournisseur de Louis Vuitton (groupe LVMH), les salariés sont désormais encadrés par une dizaine de formateurs pour apprendre leur nouveau métier de maroquinier. Plus d'un mois après ce sauvetage in-extremis de l'usine, Nicolas Sarkozy rendra visite jeudi aux ouvrières d'Yssingeaux en Haute-Loire où le climat reste mi-figue mi-raisin.

Nicolas Sarkozy avait promis ce déplacement en Haute-Loire lors de la visite des salariés de Lejaby à l'Elysée en février. Les ouvrières de Lejaby "sont un exemple et c'est sur cet exemple que je veux demain construire ma politique pour l'emploi", a déclaré président-candidat dans une interview au journal La Montagne de jeudi.

Pour certaines, "c'est dur"

Jeudi, le président-candidat sera accueilli par le ministre de la Recherche, Laurent Wauquiez, élu de ce département. Cette reprise du travail, Nicolas Sarkozy l'avait érigée en priorité. Pour le président français, Lejaby était le symbole du "made in France". Et c'est finalement, un ami personnel du président, Bernard Arnault, le patron du groupe de luxe qui est venu à la rescousse des ouvrières de Lejaby.

Pour certaines ouvrières, la reprise du travail est une délivrance après plusieurs semaines d'incertitudes sur leur avenir. "Moi depuis jeudi, je suis au piquage. On nous apprend à piquer sur une longueur. Il y a tant de points au millimètre… On est content d'être de retour au travail, c'est sûr. On se voyait mal pointer au chômage surtout à notre âge", raconte Nadine en plein travail.

Sarkozy "n'a fait que son boulot"

Dans l'euphorie de la reprise, le travail du cuir faisait l'unanimité. Mais aujourd'hui, certaines employés déchantent car la formation est rude. "J'en ai vus pleurer encore ce matin parce qu'elles trouvent que c'est dur. Il y en a déjà deux qui ont abandonné. Il faut dire à M. Sarkozy que quand on a 57 ans, on peut anticiper la retraite parce qu'à 55 ans c'est déjà compliqué de se reformer sur un autre métier", témoigne Bernadette Pessemesse, déléguée CGT au micro d'Europe 1. La formation devrait encore se prolonger entre six à neuf mois.

Quant à Nicolas Sarkozy, il "n'a fait que son boulot", tient à préciser Bernadette Pessemesse, interrogée par La Montagne. " S'il veut venir, qu'il vienne. Mais c'est électoral. Pourquoi attendre la campagne des élections présidentielles pour aller voir les salariés. C'est bien du grand Guignol. On dit merci aux salariés de s'être battus. Si nous n'avions pas fait ça, aucun politique ne serait venu nous voir".