Céréales: les éleveurs de porcs étranglés

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Céréales: les éleveurs de porcs étranglés
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Ils doivent composer avec des hausses répétées du prix des matières premières, sans pouvoir les répercuter.

Il ne fait pas bon, aujourd'hui, être éleveur de porcs. La sécheresse qui sévit actuellement aux Etats-Unis a des conséquences négatives sur le prix des céréales, principale nourriture des porcs et des volailles. A cause de la hausse du prix de l'alimentation de leur bétail, une grande partie des éleveurs travaillent donc aujourd'hui à perte. "Aujourd'hui, je perds en moyenne 7 euros par porc. En deux mois, j'ai déjà perdu 12.000 euros", résume Cyril Chanteloup, éleveur de porcs à Courcemont, dans la Sarthe. 

Il fait partie de ces éleveurs touchés de plein fouet par un marché très fluctuant ces derniers temps. "Là, ça ne va plus du tout. On touchait nos céréales à 244 euros la tonne il y a encore deux mois, et aujourd'hui on est passé à 265 euros. C'est très significatif", ajoute-t-il au micro d'Europe 1. A hauteur de 2.900 tonnes par an pour 400 têtes de bétail la différence est donc très sensible.

"On est pris en tenaille"

Et contrairement aux éleveurs de volailles, qui répercutent la hausse jusqu'aux consommateurs, les éleveurs porcins sont coincés. "Le prix du baril de pétrole augmente, on augmente l'essence à la pompe. Aujourd'hui, avec le cochon, on est incapable de le faire, ou on ne veut pas nous le permettre de le faire. On est pris en tenaille", s'agace-t-il.

"A ce régime là, je ne sais pas si je serai encore éleveur début 2013", conclut l'agriculteur, dégouté. Face à ces pertes d'argent en continu, c'est la femme de Cyril Chanteloup qui fait vivre la famille avec son travail à l'extérieur de la ferme.

Décisions "pour la rentrée" ?

Conscient des difficultés des éleveurs, François Hollande a réclamé la "vigilance", samedi, alors qu'il visitait une ferme dans le Gers. "Les agriculteurs affrontent une situation particulièrement tendue en raison du prix des céréales", a d'abord résumé le président de la République.

"C'est la raison pour laquelle j'ai demandé à Stéphane Le Foll de saisir les instances auprès du G20 qui doivent prendre toute la dimension de la volatilité des prix des matières premières", a-t-il ajouté. Le ministre de l'Agriculture a indiqué que des décisions pourraient être prises "pour la rentrée".