Centres éducatifs fermés : l'envers du décor

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Centres éducatifs fermés : l'envers du décor
Centre éducatif fermé de Combs en Seine-et-Marne.@ Maxppp
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ENQUETE -  Le gouvernement souhaite "accroître" leur nombre après le meurtre d'Agnès.

Faire de la prévention de la "récidive" une priorité absolue, tel est le mot d'ordre donné par François Fillon à ses ministres après l'émotion suscitée par le meurtre d'Agnès. Le gouvernement a annoncé lundi vouloir, "pour les crimes les plus graves" dont serait soupçonné un mineur, que ce dernier soit "placé en centre éducatif fermé" dans l'attente de son jugement. Claude Guéant a d'ailleurs indiqué lundi soir que le gouvernement allait "accroître le nombre de centres éducatifs fermés". "Il y a actuellement 500 places, la capacité va être augmentée de 50%", a précisé le ministre de l'Intérieur. Europe 1 a enquêté sur ces établissements lancés en 2002.

Pas un établissement pénitentiaire

C'est le juge qui place généralement dans ces centres les jeunes de 13 à 18 ans pour une durée minimum de six mois. Des jeunes qui risquent au moins cinq ans de prison. C'est pour cela qu'on y trouve des multirécidivistes qui ont commis plusieurs vols ou encore des jeunes suspectés de faits plus graves : des viols ou des tentatives de meurtre. Ces mineurs sont placés en centre éducatif fermé en attendant leur procès, ou bien après être sortis de prison, afin d'éviter de se retrouver du jour au lendemain livrés à eux-mêmes.

Ces centres n'ont pas de cellules. Il ne s'agit pas d'une prison mais de chambres individuelles avec des adolescents qui sont en permanence sous la surveillance non pas de gardiens, mais d'éducateurs spécialisés.

Permettre une réinsertion

Objectif affiché : leur redonner des repères pour éviter la récidive. Au programme : des horaires stricts, pas de portable, des journées ponctuées par des cours donnés dans le centre et par des séances sportives. Par ailleurs, aucune sortie du centre n'est possible avant le troisième mois, et celle-ci ne peut intervenir qu'avec la permission du juge ou à la condition que le mineur soit accompagné d'un éducateur, pour reprendre par exemple une scolarité dans un collège du secteur.

A noter que fin 2010, un rapport du contrôleur général des lieux de privation, Jean-Marie Delarue avait fait état de "recours abusifs" aux "contraintes physiques" de la part de certains éducateurs. Ses services avaient contrôlé quatre de ces centres, à Beauvais, Sainte-Gauburge-Sainte-Colombe, Fragny et L'hôpital-le-Grand.

L'ambition du gouvernement est de créer une vingtaine de nouveaux centres, même si 40% des adolescents qui en sortent ont de nouveau des démêlés avec la justice.