Cellules souches : la fin de "l'hypocrisie"

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Cellules souches : la fin de "l'hypocrisie"
@ Max PPP
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Les professionnels réagissent à la proposition de Hollande de réviser les lois bioéthiques.

Les professionnels sont unanimes. La proposition de François Hollande d'autoriser la recherche sur les cellules souches embryonnaires est une bonne nouvelle. Le candidat socialiste a en effet déclaré mercredi qu'il comptait modifier la loi de 2011 révisant les lois bioéthiques.

Pour les chercheurs, cette mesure mettrait fin à l'hypocrisie de la loi, qui interdit depuis 2004 la recherche sur les cellules souches sauf sur dérogation. Pour le professeur Philippe Ménasché, chirurgien cardiologue à l'Hôpital Pompidou à Paris, interrogé par Europe 1, cette mesure permettrait de "clarifier" la situation de la France.

Une clarification des démarches

"Nous sommes aujourd'hui dans une situation que personne ne comprend, avec une loi qui interdit la recherche tout en l'autorisant par dérogation. Ceci est nuisible à l'image de la France dans le cadre de la compétition scientifique internationale, puisque personne ne comprend vraiment ce que nous voulons", poursuit le spécialiste de la thérapie cellulaire.

Même son de cloche du côté du professeur Olivier Pourquié, interrogé par Europe 1. "Par rapport à nos voisins anglais ou américains, on est très handicapé. C'est vraiment un domaine d'avenir, il faut que les gens comprennent ça et qu'on l'interdise ou pas, ça va se développer et ça va s'imposer au niveau médical dans les années à venir." C'est également l'argument développé par François Hollande, pour qui l'autorisation de ce type de recherche permettrait de "rattraper notre retard sur d'autres pays".

Le retour des jeunes chercheurs ?

Autre avantage souligné par les professionnels : faire revenir en France des jeunes chercheurs. "L'avantage serait de motiver de jeunes chercheurs, notamment ceux qui sont expatriés, qui veulent travailler sur ces sujets et qui peuvent hésiter à revenir en France", commente Philippe Ménasché.

L'autorisation de la recherche sur les cellules souches marquerait par ailleurs la fin de procédures compliquées pour obtenir des dérogations. "Ça simplifierait les démarches administratives qui sont très lourdes. On passe beaucoup de temps à faire accepter les protocoles au niveau de l'Agence de biomédecine. Ça ralentit le progrès des expériences, puisqu'il faut déclarer chaque nouvelle expérience, chaque nouvelle cellule", explique Olivier Pourquié au micro d'Europe 1.

Selon lui, cette loi adoptée en 2002 avant d'être interdite en 2004, a été victime des pressions des catholiques de l’Assemblée nationale. "Cette interdiction est motivée par des motifs religieux et l'influence de l'opinion catholique à l'Assemblée, qui a permis de faire passer cette interdiction", estime le professeur. Lors de la révision de la loi sur la bioéthique au printemps 2011, le PS avait d'ailleurs reproché à l'UMP sa position "réactionnaire".