Ce qu'on reproche aux frères Guérini

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Ce qu'on reproche aux frères Guérini
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Alexandre Guérini a été mis en examen jeudi pour trafic d'influence et corruption passive.

Nouvelle mise en examen pour Alexandre Guérini. Après quarante-huit heures de garde à vue à la section de recherche de la gendarmerie nationale, le petit frère de Jean-Noël Guérini, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône  a été mis en examen pour corruption passive et trafic d'influence. Alexandre Guérini était entendu depuis mardi dans le cadre d'un dossier touchant à des marchés publics dans la région de Marseille et impliquant des membres présumés du grand banditisme aux côtés de chefs d'entreprises, d'élus et de fonctionnaires.

Un dossier à "caractère mafieux". Les dernières auditions des deux frères interviennent dans le cadre d'un dossier "à caractère mafieux" instruit par le juge Charles Duchaine. L'affaire porte sur des malversations financières de grande ampleur touchant à des marchés publics de collectivités de Haute-Corse et des Bouches-du-Rhône. Des membres présumés du grand banditisme, des chefs d'entreprises, des hommes de paille, des élus et des fonctionnaires, sont impliqués dans ce dossier.

alexandre-guerini

Alexandre Guérini trop proche du grand banditisme ? Dans cette affaire, il est reproché à Alexandre Guérini d'avoir joué un rôle de "facilitateur" dans l'obtention de marchés publics au bénéfice de sociétés privées et de personnes fichées au grand banditisme, dont Bernard Barresi, arrêté en 2010 après 18 ans de cavale et mis en examen en décembre. De nombreux dirigeants d'entreprise marseillais seraient en effet proches d'Alexandre Guérini, lui-même entrepreneur spécialisé dans les déchets.

>> Mis en examen pour : "association de malfaiteurs", "corruption passive" et "trafic d'influence".

Jean-Noël Guérini à l'origine de fausses factures ? Le juge Charles Duchaine tente à présent de connaître les liens présumés entre ces personnes et Jean-Noël Guérini. Pour l'heure, l'instruction menée par le juge met en avant de fausses facturations provenant de deux entreprises du BTP ayant remportées des marchés publics au conseil général pour la construction de maisons de retraite ou de collèges. L’un des gérants, Patrick Boudemaghe est alors soupçonné d’avoir détourné et blanchi des millions d’euros grâce à ce système. En raison de ces éléments, Jean-Noël Guérini devrait donc être mis en examen au même titre que son frère, soupçonné de servir de "trait d'union" entre les entreprises et le conseil général.

>> A lire - L'étau se resserre autour de Guérini

Jean-Noël Guérini

© MAXPPP

Le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, avait également été placé en garde à vue mardi, mais avait dû être hospitalisé dans la soirée, en raison de problèmes de tension. L'élu, par ailleurs en attente d'une intervention chirurgicale prévue mi-avril, a regagné mercredi son domicile, et sa garde à vue a été levée. Deux options se présentent maintenant à Jean-Noël Guérini : la poursuite de sa garde à vue - qui n'a duré que huit heures - ou sa mise en examen immédiate.

>> Mis en examen pour : "complicité d'obstacle à la manifestation de la vérité", "prise illégale d'intérêts", "trafic d'influence" et "association de malfaiteurs en vue du trafic d'influence et recel de trafic" et "détournement de fonds publics" dans le cadre du licenciement d'un collaborateur, le premier fédéral PS Jean-David Ciot.

Un dossier avec une avalanche de mis en cause. Au total, plus d'une vingtaine de personnes - entrepreneurs, hommes de paille, élus, fonctionnaires - sont déjà mises en examen dans ce dossier tentaculaire dont les prémices remontent à 2005.