Casse-tête juridique autour d’un bébé

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Casse-tête juridique autour d’un bébé
Un bébé d’origine mongole, né à Rennes est sans père, retenu aux Pays-Bas, et orphelin de mère.@ MAXPPP
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Orphelin de mère, un bébé d’origine mongole né à Rennes est sans père, retenu aux Pays-Bas.

L'avenir d'un bébé mongol est devenu un véritable casse-tête pour les autorités françaises et néerlandaises. Il est né prématuré, à Rennes le 3 janvier, d’une mère en situation irrégulière et qui est morte en couches. Quant à son père, il serait en rétention en Hollande, dans l'attente de son expulsion pour situation irrégulière. Une attente qui pourrait durer jusqu’à 18 mois.

"Il faudrait un test ADN"

Problème supplémentaire : le Pays-Bas ne reconnaissent pas la paternité d’Amarjargal Ganna. "Les Néerlandais refusent de le mettre en liberté tant qu'on n'a pas établi sa paternité. Ils disent qu’il n’y a pas de preuve qu’il est père de cet enfant", a expliqué le réseau Education sans frontière (RESF) qui a pris en charge le nouveau-né. "Il faudrait un test ADN, mais sur le plan administratif c'est très compliqué", a assuré une représentante de RESF.

C'est un responsable de l'hôpital qui a déclaré la naissance d'Amartaiwan à l'état civil de Rennes à partir des éléments transmis par un couple mongol, avant l’accouchement. La mère, prénommée Alta, avait vécu dans la rue, entre squats et hébergements d'urgence depuis son arrivée à Rennes, il y a deux mois, en attendant de pouvoir déposer sa demande d'asile.

Amartaiwan et ses deux frères

"C'est une situation inhabituelle et tragique", déplore RESF, d'autant que le petit Amartaiwan a deux frères, âgés de 2 et 13 ans, qui, comme lui, sont donc orphelins de mère et privés de leur père. En attendant, les services sociaux les ont confiés à une famille mongole installée à Rennes.

Les flux migratoires liés aux passeurs de clandestins ont fait de la capitale bretonne une des principales villes d'accueil des Mongols en France, selon RESF. A l'arrivée, beaucoup se présentent comme Chinois ou Russes pour améliorer leurs chances de régularisation, selon la préfecture.

Le dossier d'Amartaiwan côté français est désormais entre les mains du ministère de l’Immigration.