Carlos : vers un report du procès ?

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Carlos : vers un report du procès ?
Carlos a décrié ses conditions de détention devant la Cour mardi.@ REUTERS
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Avant une interruption d’audience, le Vénézuélien a dénoncé ses conditions de détention mardi.

Carlos n’a pas caché sa colère mardi devant la Cour d’assises spéciale de Paris. Le Vénézuélien de 62 ans, jugé pour quatre attentats qui, il y a près de 30 ans, ont fait 11 morts et 150 blessés en France, a pris la parole au deuxième jour de son procès pour dénoncer ses conditions de détention. Il a même été jusqu’à décrier "l’anti-France" qui, selon lui, a "remplacé le pays des droits de l’Homme".

Reproches sur reproches pour l'administration pénitentiaire

Ses avocats ont d’abord rappelé mardi matin avec force que depuis 15 ans, l’ancien juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière, qui était chargé de l’instruction, "avait empêché Carlos d’avoir une copie de son dossier en prison". Ils ont également dénoncé le fait qu’à l’approche de son procès, Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, "l’administration pénitentiaire continuait les brimades" à son encontre en le privant, par exemple, de l’ordinateur qui lui permettait de lire des CD-Rom pour préparer sa défense. 

C’est ensuite Carlos, lui-même, qui a rapporté avec émotion la rigueur des conditions d’isolement qu’il a subies. "J’ai passé dix ans de ma vie à l’isolement dans une cellule immonde de 6 mètres carrés et dans laquelle on est venu me fouiller seize fois par jour", a-t-il expliqué. Avant de s’emporter : "des fouilles à corps où vous êtes nu. Qui supporterait ça ?". Et de s’en prendre à un avocat de la partie civile ou à certains magistrats. 

Après être sorti de ses gonds, Ilich Ramirez Sanchez a réussi à se calmer. Après quoi il a expliqué qu’il ne se sentait pas bien. Et de demander un médecin. Ce qu’a fait le président du tribunal à la mi-journée. D’avis de spécialistes, depuis mardi matin, tout est envisageable, même le report du procès pour raison de santé.