Carlos condamné à la perpétuité

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Carlos condamné à la perpétuité
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Le terroriste a écopé de la peine la plus élevée jeudi soir : la perpétuité assortie de 18 ans de sûreté.

La dernière formule de Carlos n'aura pas influencé les sept magistrats de la cour spéciale de Paris chargés de le juger. Quelques heures avant le verdict, Ilich Ramirez Sanchez dit "Carlos" avait lancé jeudi un avertissement. "Avez-vous quelque chose à ajouter pour votre défense ?". A ces mots du président de la cour qui lui posait la question rituelle de fin de procès, le terroriste a répondu : "Je ne parle pas pour ma défense mais pour la vôtre".

Avant d'ajouter : "Vous êtes indépendants, et la décision que vous allez prendre, vous en serez, chacun de vous, personnellement responsable". Bien qu'il ait assuré immédiatement qu'il ne s'agissait pas d'une menace, les magistrats professionnels de la cour d'assises spéciale ont dû peu goûter cette dernière sortie.

Le verdict est tombé peu après minuit, Carlos a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de 18 ans, une condamnation conforme à ce qu'avait demandé l'accusation. Les avocats de Carlos ont plaidé l'acquittement jeudi. La cour s'était retirée pour délibérer à 19h.

La cour a aussi condamné à perpétuité deux ex-compagnons d'armes de Carlos jugés par défaut, le Palestinien Ali Kamal al Assawi, 68 ans, en fuite, et l'Allemand Johannes Weinrich, 64 ans, qui purge déjà une peine pour d'autres faits en Allemagne. Contre l'avis de l'accusation qui requérait 15 ans de prison, elle a en revanche acquitté l'Allemande Margot Fröhlich, 69 ans, qui a fui la France en 2001 et réside dans son pays. Elle est restée six ans en détention provisoire pendant l'enquête du juge Bruguière.   

Peu après le verdict, l'avocate du terroriste a indiqué qu'il allait faire appel de cette condamnation.

De Ceaucescu à Kadhafi en passant par VGE

Ce procès concerne des attentats qui ont fait onze morts dans les années 1980 : le 29 mars 1982 contre le train Capitole Paris-Toulouse (5 morts, 77 blessés), le 22 avril 1982 rue Marbeuf à Paris devant le siège du journal El Watan (un mort, 63 blessés) et le 31 décembre 1983 dans le TGV près de Tain-l'Hermitage et à la gare Saint-Charles de Marseille (5 morts et 50 blessés au total).

Carlos s'est ensuite lancé dans un monologue de plusieurs heures, déclarant "assumer la responsabilité politique et militaire" de certains attentats, mais pas de ceux qui sont jugés, et a livré sa vision du monde. Il a loué l'ex-dictateur roumain Nicolae Ceaucescu car il avait, a-t-il souligné, effacé la dette de son pays, qualifié Oussama ben Laden de "grand homme", estimé que Valéry Giscard d'Estaing avait une "intelligence supérieure", et fustigé entre autres les Juifs, les homosexuels, les tribunaux français et son ex-femme Magdalena Kopp. 

Carlos a terminé au bout de cinq heures, en lisant, tout en pleurant, ce qu'il a présenté comme le testament de l'ancien leader libyen Mouammar Kadhafi, pour lequel il a exprimé son admiration.

La libération conditionnelle repoussée

Le Vénézuélien de 62 ans est détenu depuis 1994 en France, où il purge une première condamnation à perpétuité prononcée en 1997 pour le meurtre de deux policiers en 1975. Cette nouvelle perpétuité pourrait retarder l'échéance pour une première demande de libération conditionnelle, actuellement fixée à 2012.