Cargo échoué : "un gâchis environnemental"

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Cargo échoué : "un gâchis environnemental"
Le cargo TK Bremen échoué en Bretagne dans le Morbihan.@ EUROPE 1
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Une brèche dans la coque du cargo échoué a provoqué une trainée de fuel dans le Morbihan.

C’est le premier incident grave provoqué par la tempête Joachim. Face à des vents de 80 km/h et des rafales dépassant parfois les 115km/h, les marins du cargo TK Bremen, n’ont pas réussi vendredi à tenir le mouillage. Le cargo s’est échoué vers 2h du matin près de la ria d’Ethel dans le Morbihan, provoquant une pollution du rivage.

La ministre de l'Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui s'est rendue vendredi midi sur la plage où s'est échoué un cargo maltais, a jugé la situation "absurde" devant une pollution qui est un "gâchis environnemental".

Une évacuation complexe

Au moment de l'accident, les vagues atteignaient 5 à 7 mètres et la visibilité n’était que de 2 à 3 km. Le cargo, pris dans la tempête, a donc d’abord tenté de rejoindre un secteur plus abrité, au nord de l'Ile de Groix mais s'est mis à dériver. Le capitaine a alors décidé de demander assistance au centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) d’Etel. Mais, compte tenu des conditions de navigation rendues particulièrement difficiles du fait de la tempête, le remorqueur portuaire de Lorient n'a pu se rendre sur place.

Le groupe Europe Ecologie les Verts de Bretagne s'est étonné vendredi que le cargo ait pu quitter le port de Lorient malgré la tempête annoncée. Ce naufrage rappelle "une nouvelle fois la nécessité de renforcer notre dispositif de sécurité en mer et de disposer de moyens d'intervention adaptés et suffisants en mer et sur le littoral", soulignent les militants écologistes.

Même son de cloche auprès d'Éva Joly, la candidate d'EELV à la présidentielle. Selon elle l'échouage du cargo laisse "de nombreuses questions en suspens". Eva Joly appelle à "renforcer le dispositif de sécurité maritime".

Fuite d’hydrocarbures

Au delà de la perte du navire, un plongeur-sauveteur de la Marine envoyé sur place a pu constater une brèche dans la coque du navire de 109 mètres. Cette brèche, sur l'une des cuves du navire, laisse s’échapper des hydrocarbures et une trainée d’1km de long sur 5m de large se dirige vers la plage d'Erdeven, entre Lorient et la presqu'île de Quiberon, selon un communiqué de la préfecture du Morbihan.

La pollution provoquée par le cargo TK Bremen est limitée en volume et en surface, a déclaré Marc Gander, chargé de communication à la préfecture maritime de l'Atlantique. Si les ostréiculteurs de la ria d'Etel ont pour l'instant été "épargnés" par la pollution, ils sont toutefois "furieux", a déclaré le président de la section ostréicole locale Hervé Jenot.

"Des barrages flottants ont été mis pour protéger toute la zone ostréicole, les huitres sont protégées et n'ont pas été touchées" d'autant que les parcs et les bassins se trouvent sous l'eau grâce au barrage naturel du banc de sable qui bloque le reflux à l'embouchure de la rivière, a-t-il expliqué.

"On est devant une pollution qui est un gâchis environnemental, et un gâchis économique. Je pense à tous les ostréiculteurs de la rivière d'Etel pour lesquels c'est le pire moment de l'année", a déclaré la ministre de l'Écologie en soutien aux ostréiculteurs.

2011-12-16_112 - Un cargo s'échoue sur la côte près d'Etel…

Plan POLMAR

La disposition du bateau implique que le carburant va se répandre sur la plage : "c'est du fuel de propulsion, un peu moins lourd que le gasoil, mais ce n'est pas le fuel lourd de l'Erika", a dit le capitaine de frégate Marc Gander.

Le plan POLMAR a donc été déclenché. Des barrages flottants vont être déployés pour tenter de contenir la pollution. Les autorités préparent aussi une opération de pompage et dépotage vers des bacs de décantation à terre pour vider le navire qui contient 180 tonnes de fuel et 40 tonnes de gazole, selon la préfecture.

Le cargo sera probablement déconstruit compte tenu de l'état de sa structure, qui sera réévaluée une fois ses réservoirs de carburant entièrement pompés, a indiqué la préfecture maritime de l'Atlantique.

Une enquête ouverte

Une enquête a été ouverte dans la matinée afin de déterminer les causes exactes de ce naufrage. "Une vingtaine d'hommes sont mobilisés en ce moment sur le terrain" afin de procéder à une série de constatations et de relevés, a-t-on précisé de même source.

L'enquête devra également établir s'il était "opportun ou pas d'appareiller", a indiqué vendredi le capitaine de frégate Marc Gander, le chargé de communication de la préfecture maritime de l'Atlantique.