Carburants : un redémarrage lent

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Carburants : un redémarrage lent
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20 à 25% des stations étaient encore à sec mardi à la mi-journée. La situation est disparate.

L’heure est visiblement à la reprise même si elle devrait prendre du temps. Le ministre de l'Energie Jean-Louis Borloo avait dit tabler sur un "objectif" de 4 stations sur 5 "en état de fonctionnement" mardi après-midi ou soir. Un objectif presque atteint, puisque 20 à 25% de stations étaient à sec mardi à la mi-journée, d'après des informations transmises par Jean-Louis Schilansky, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip).

"Il reste environ 4.000 stations signalées fermées ou en rupture d'approvisionnement", estimait Franck Ibled, fondateur de Carbeo.com, l'un des sites devenus le point de ralliement des automobilistes en quête de carburant. "On est plutôt sur une tendance baissière", a-t-il précisé.

La situation est très disparate selon les régions. En Ile-de-France, 56% des stations étaient encore vides mardi à la mi-journée, contre 39% dans l'ouest, 21% dans le nord et le sud-est, 16% dans l'est, 15% dans le sud et 8% dans le sud-ouest.

Du mieux dans le secteur pétrolier

Quant à la grève dans le secteur pétrolier, point de fixation depuis le début de la contestation de la réforme des retraites, elle s'amenuise. Quatre dépôts, sur 213 en France, ont fait l'objet d'"opérations sporadiques de blocage" mardi, a indiqué le président de l'Ufip.

Mardi, le dépôt de Brive-la-Gaillarde, en Corrèze, est bloqué par environ 70 manifestants d'un collectif de citoyens du plateau de Millevaches et de syndicalistes. Ce dépôt Total alimente une dizaine de départements. A Grigny, dans l'Essone, le dépôt a été bloqué par une centaine de manifestants du public et du privé pendant une heure et demie. Près de Dijon, un dépôt exploité notamment par Total et Avia a également été bloqué trois heures par une cinquantaine de manifestants.

3 à 5 raffineries encore en grève

Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux a annoncé mardi que cinq des douze raffineries avaient cessé la grève. "Il y a donc des stocks qui sont importants, dont le défi est aujourd'hui l'acheminement afin d'approvisionner les stations-service", a-t-il dit. "Cela signifie que le retour à la normale s'effectue de manière progressive et régulière. Cela prendra du temps mais cela progresse", a ajouté Brice Hortefeux.

Les chiffres du ministre sont contestés par les syndicats, qui parlent d'un arrêt de la grève dans trois raffineries seulement.

Mais la reprise est difficile. A la raffinerie de Fos, les expéditions - bloquées depuis le 12 octobre - vont pouvoir reprendre, mais le site, également affecté par la grève sur les terminaux pétroliers de la région marseillaise, "est en débit minimum depuis le début du conflit", a précisé la direction. A Port-Jérôme Gravenchon, "des unités sont arrêtées et sont en attente de brut pour redémarrer", a indiqué une porte-parole. Et à Reichstett, l'approvisionnement en brut fait également défaut, mais les salariés ont décidé lundi de reprendre les expéditions de produits déjà raffinés et stockés sur le site.