Campagne "choc" contre le viol conjugal

  • A
  • A
Campagne "choc" contre le viol conjugal
@ CFCV
Partagez sur :

VIDEO - Le Collectif féministe contre le viol lance mardi une vaste campagne de sensibilisation.

"Une femme, elle doit répondre à toutes les envies de son mari. C’est ça, le devoir conjugal. Et puis, elle ne peut rien dire, avec les enfants qui dorment à côté. Où irait-elle se plaindre ?". Cette phrase-choc ouvre le spot vidéo du Collectif féministe contre le viol, le CFCV, qui lance mardi une vaste campagne de sensibilisation.

Un spot pour que "la honte change de camp"

"Certaines femmes subissent des violences sexuelles par leur compagnon ou mari au sein de leur propre foyer. Parce que cette situation est intolérable et parce que ce crime est puni par la loi, ce film choc est diffusé afin de changer la honte de camp", explique la présidente de l’associationEmmanuelle Piet.

"Ne laissez plus votre conjoint s’exprimer à votre place", insiste le spot :



Une campagne "choc" contre le viol conjugal



Selon le CFCV, chaque année en France, 75 000 femmes sont violées, dans 8 cas sur 10 par un homme qu’elles connaissent. Selon plusieurs chercheurs, ce chiffre serait d’ailleurs plus proche de 120 000 par an : la honte et la culpabilité empêchant souvent les victimes de porter plainte.

Le viol conjugal, "un tabou majeur"

Reconnu très tardivement dans le droit français - en 1992 -, "le viol conjugal ne doit plus être un sujet tabou même s’il a lieu dans le cadre de la sphère privée. Il ne doit plus être conforté, ni par le principe du devoir conjugal, alors que celui-ci est révolu depuis plus de vingt ans, ni par l’inégalité persistante entre les hommes et les femmes", fustige le CFCV.

Lundi, la Fédération nationale Solidarité femmes (FNSF), qui gère le numéro d'appel 3919 - violences conjugales info, avait également appelé à ne pas oublier le viol conjugal. "Au moment où la question du harcèlement sexuel au travail et des agressions sexuelles soulève enfin un débat en France, le viol conjugal reste un tabou majeur", avait assuré la fédération.