Camp de migrants : le SOS d’un maire

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Camp de migrants : le SOS d’un maire
@ EUROPE 1 / LIONEL GOUGELOT
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Franck Dhersin, élu de Téteghem, dans le Nord, dénonce une situation d’urgence.

Franck Dhersin demande de l’aide. Le maire de Téteghem n’arrive plus à faire face à l'afflux de migrants sur sa commune et en appelle aux pouvoirs publics. L’élu craint la formation d'une "nouvelle jungle", un an après la destruction très médiatisée du campement de clandestins à Calais.

"Je n’arrive pas à croire qu’on est en France"

Ali, un jeune Afghan, est arrivé dans le camp il y a trois mois. Lui aussi dénonce des conditions de vie difficiles. "C’est une vraie jungle ici, c’est dégoutant. Tout est sale. Je n’arrive pas à croire qu’on est en France", confie le jeune homme, sur Europe 1.

De son côté, le maire UMP de Téteghem affirme avoir alerté la communauté urbaine de Dunkerque, la préfecture du Nord et le ministère de l'Intérieur. Il devait être reçu mercredi par le préfet du Nord. "On approche les 200 migrants. Tant que nous en comptions une trentaine, nous pouvions gérer, leur fournir de l'eau, les douches, du bois pour se chauffer. Aujourd'hui c'est impossible", explique l'élu.

Répartissons-nous la misère

"C'est une nouvelle "jungle" qui se constitue, avec les problèmes d'hygiène et de salubrité qui en découlent. Et depuis une quinzaine de jours, comme les arrivées de multiplient, on a des problèmes avec des passeurs", ajoute-t-il. "Je suis prêt à garder une cinquantaine de migrants et à travailler avec les associations pour que ces gens vivent dans les meilleurs conditions, mais répartissons-nous la misère. Je suis désolé de dire ça, mais je ne vois pas ce que je peux dire d’autre", regrette Franck Dhersin, sur Europe 1.

Au cours des deux dernières semaines, deux migrants, un Afghan et un Vietnamien, ont été grièvement blessés par balle et par arme blanche, selon les associations d'aide aux sans-papiers. Le campement de sans-papiers de Téteghem, commune de l'agglomération dunkerquoise, abrite des migrants afghans, kurdes, iraniens, érythréens et vietnamiens. Il est l'un des derniers connus sur le littoral depuis le démantèlement en septembre 2009 de la "jungle" de Calais et des autres campements environnants, en particulier celui de Loon-Plage, toujours dans le Nord en septembre 2010.

Avant ces opérations lancées sur instruction du ministre de l'Immigration de l'époque, Eric Besson, jusqu'à 1.500 migrants attendant de passer clandestinement en Angleterre avaient été recensés dans le Nord-Pas-de-Calais. Plusieurs centaines d'entre eux vivaient dans la "jungle", principal campement d'étrangers en situation irrégulière en France, détruit par les bulldozers le 22 septembre 2009. Ils n'étaient plus que 500 un an après, selon les associations.