Camaret : Tauziat lâchée par la FFT

  • A
  • A
Camaret : Tauziat lâchée par la FFT
@ MAXPPP
Partagez sur :

L'ancienne numéro 1 du tennis français avait pris la défense de son entraîneur condamné pour viols.

Son soutien indéfectible risque de lui porter préjudice. Durant le procès de Régis de Camaret, Nathalie Tauziat, l'ex numéro 1 du tennis français, a innocenté son entraîneur, condamné vendredi à 8 ans de prison ferme pour viols. Une position qui déplait fortement à la Fédération française de tennis (FFT) qui a salué le verdict de la cour d'assises de Lyon.

>>> A lire - Camaret : 8 ans ferme pour l'entraîneur

La FFT, qui a également promis plus de "vigilance" pour éviter que "l'horreur" se reproduise, a lâché l'ex numéro 3 mondial. S'il a justifié le silence de la Fédération jusqu'au verdict vendredi, mais aussi à l'époque des faits, il y a plus de vingt ans, le directeur général de la fédération, a surtout condamné l'attitude "profondément choquante" de Nathalie Tauziat durant le procès.

>>> A lire - Nathalie Tauziat défend Camaret

"Aucun problème de pédophilie", selon elle

Cette dernière, appelée à témoigner à la barre mardi, a en effet défendu celui qui lui a permis de devenir le numéro 1 française, qu'elle considérait "comme un deuxième père". Natahlie Tauziat avait en effet assuré n'avoir rien à reprocher à son ancien entraîneur avec qui elle dirige aujourd'hui un club de tennis dans les Landes.

tauziat-demongeot-maxppp
"Je n'ai jamais entendu dire qu'il avait des problèmes de pédophilie", avait-elle assuré, malmenée par les avocats des parties civiles. Et de marteler avec aplomb : "Je n'ai jamais rien vu et je ne peux pas affirmer qu'il y ait des victimes". Face à elle, une vingtaine d'anciennes joueuses, qui témoignent de leur côté avoir été violée à maintes reprises entre 1980 et 1989 par Régis de Camarat qui travaillait alors à Saint-Tropez.

>>> A lire - Le témoignage de Tauziat "monstrueux" pour Demongeot

Le "malaise" de la FFT

A la suite du verdict, la Fédération française de tennis a témoigné elle aussi son "malaise" après les propos de Nathalie Tauziat. "Nous ressentons un profond malaise après les déclarations de Nathalie Tauziat lors du procès. Nous sommes convaincus que cette attitude est incompatible avec les valeurs de la fédération et nous demanderons dès lundi la démission de Nathalie Tauziat du comité directeur où elle siège actuellement", a commenté Gilbert Ysern samedi.

Mais "on n'est pas là pour faire les malins", a aussi concédé Gilbert Ysern, à l'issue d'un point-presse à Roland-Garros lors duquel il a parfaitement "assumé" le silence de la FFT lors du procès. "Ce procès n'était pas le nôtre mais celui de femmes courageuses qui demandaient réparation", a-t-il justifié.

La FFT sort de son silence

Ce n'est donc qu'après la condamnation de Camaret vendredi, pour viols sur deux de ses anciennes pensionnaires mineures, dans son centre d'entraînement, que la FFT a pu se féliciter d'un "acte fort et décisif" et saluer "le courage, la volonté et la dignité de toutes les femmes qui ont apporté leur témoignage au procès".

Mais cette décision permet aussi à la FFT d'intervenir dans un dossier où on lui surtout reproché son inaction. Cité comme témoin mardi, Jean-Paul Loth, directeur technique national (DTN) au moments des faits, a reconnu avoir reçu un courrier d'une mère "signalant des faits compromettants au centre" de Saint-Tropez. Une lettre à laquelle il a assuré avoir répondu, en conseillant "le retrait immédiat de la fille et une plainte au procureur".