"Ça y est, je suis prof"

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"Ça y est, je suis prof"
@ MAX PPP
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Première rentrée stressante pour les "néo-titulaires" qui vont apprendre leur métier sur le tas.

"J’ai reçu un coup de fil de la secrétaire de mon nouvel établissement hier [mardi] pour me prévenir que la réunion de rentrée était… aujourd’hui [mercredi]". Démarrage sur les chapeaux de roue dans le métier d’enseignant pour Nelly Rochette, 27 ans. La jeune femme a décroché son CAPES de mathématiques en juillet dernier. Moins de deux mois plus tard, elle a rendez-vous à temps plein avec des élèves, sans passer par la case formation pédagogique à l'IUFM.

"Ça y est, je suis prof", résume-t-elle. Nelly est issue de la première génération d’enseignants à tester la réforme voulue par le gouvernement. Une réforme qu’elle vit comme un défi, avec "l’envie d’être à la hauteur", mais surtout avec du stress et de l’appréhension.

Une rentrée dans le flou

Alors que sonne l’heure de sa première rentrée, la jeune enseignante ne connaît pas le niveau des classes dont elle aura la charge. "Petits" 6e ou "grands" 3e, elle a préparé certains cours cet été et se prépare à vivre un week-end très studieux. Elle ne connaît pas non plus le nom de son tuteur censé pourtant "venir aider au moindre souci". Et encore moins si ses horaires de cours s’adapteront aux horaires du train qu’elle doit désormais prendre tous les jours pour deux bonnes heures aller-retour.

Avec toutes ces incertitudes qui s’accumulent, Nelly le reconnaît : "elle a encore du mal à vraiment réaliser", que l’université est derrière elle, que la période des concours est terminée et surtout qu’elle va avoir face à elle une classe.

Fini le sac à dos, place à la mallette en cuir

Mais "maintenant, il faut ‘faire prof’", s’amuse-t-elle. D’où l’achat d’une mallette en beau cuir pour remplacer son sac à dos. La chance de cette "grande timide" qui sait qu’elle va devoir "s’endurcir un peu" : avoir fait déjà des remplacements d’enseignants pendant ses études, ce qui n’est pas le cas de tous les "néo-titulaires". "Quand on en discute entre nous, on se dit qu’il n’y a pas de raison pour que ça se passe mal…", se rassure-t-elle.

Lundi matin, Nelly ne dira pas à ses premiers élèves qu’elle est une prof débutante. "Pas au début tout du moins. Mais on fait quand même assez jeune et il y en a qui sont malins...", confie-t-elle dans un sourire.