C'est jour de grève

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C'est jour de grève
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Les syndicats annoncent une mobilisation au moins aussi forte que lors de la précédente grève.

C’est la deuxième journée de grève contre la réforme des retraites depuis la rentrée. Entre l’adoption du projet de loi à l’Assemblée nationale et le futur examen du texte au Sénat, les syndicats tentent de mobiliser les Français de nouveau et de réunir au moins autant de monde que le 7 septembre dernier.

Alors que les premiers chiffres de mobilisation arrivent des villes de province, la mobilisation s'annonce stable. La mobilisation se situe "dans les mêmes eaux que le 7 septembre", selon la CGT. L'Elysée observe de son côté une "baisse sensible" des grévistes et y voit peut-être un signe d'"adhésion" à la réforme des retraites. La bataille des chiffres a donc commencé.

Une forte mobilisation attendue

C’est le principal enjeu. Les syndicats vont-ils réitérer la bonne mobilisation de la dernière journée de grève ? Ils avaient réussi à mobiliser entre 1,12 million (ministère de l'Intérieur) et plus de 2,7 millions (CGT) de personnes dans les rues de France. 231 manifestations ont eu lieu sur l’ensemble du pays. A la mi-journée, le ministère de l'Intérieur a comptabilisé "un peu moins de 410.000 manifestants", .

Tous y croient. Pour le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, les manifestations sont "au moins aussi importantes", c'est donc un "pari gagné". Même optimisme à la CGT : la mobilisation se situe "dans les mêmes eaux que le 7 septembre", a estimé jeudi le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, jugeant que le gouvernement ne pouvait "pas rester sur sa position intransigeante", sous peine de voir arriver une "nouvelle phase de conflit"..

Au vu des enquêtes d'opinion, la protestation "est en train de gagner le soutien populaire", a assuré François Chérèque. Selon le dernier sondage CSA, publié dans L’Humanité jeudi, plus des deux tiers des Français (68%) expriment leur soutien à l'égard de cette grève. Les différences d'opinion sont toutefois notables entre les sympathisants de gauche, qui soutiennent à 83% la mobilisation, et ceux de droite, qui sont seulement 36% à y être favorables.

D’importantes perturbations dans les transports

Le trafic tourne au ralenti dans les transports en commun.Des préavis ont été déposés dans 77 villes, contre 103 lors de la précédente journée de mobilisation. En Ile-de-France, les perturbations sont moins sensibles dans le métro parisien, mais très importantes dans le RER, notamment sur la ligne B, sur laquelle le trafic est quasi-nul.

Les réseaux SNCF est le plus touché, avec 1 TGV sur 2, 1 Corail sur 4 et 1 TER sur 2 en moyenne. A la mi-journée, la CGT a annoncé 49,85% de cheminots grévistes. La grève devrait aussi affecter les aéroports avec, en moyenne, 40% des vols annulés sur la France entière.

> Europe1.fr suit l’ensemble des perturbations dans les transports tout au long de la journée.

Tous les secteurs touchés

Journée de galère. Outre les transports, les grèves affectent aussi les écoles. Entre 25 et 45% des enseignants font grève, ils sont entre 16 et 30% à La Poste. Des perturbations ont également lieu au sein de Pôle Emploi, dans les tribunaux, dans les hôpitaux ou encore dans certains médias.

Les syndicats étudiants ont également appelé à la mobilisation, alors qu'ils avaient été peu nombreux le 7 septembre. Les manifestations ont réuni "de gros cortèges de lycéens et d'étudiants, plus que le 7 septembre", a jugé Jean-Baptiste Prévost, président du premier syndicat étudiant, l'Unef.

Le projet de loi fin septembre au Sénat

Tous descendent dans la rue pour protester contre le projet de réforme des retraites, validé par l’Assemblée nationale. Le texte devrait être examiné en commission par les sénateurs à partir du 27 septembre.

Malgré la forte mobilisation attendue, le gouvernement a réaffirmé qu’il ne changerait pas certaines dispositions, considérées comme "justes et nécessaires". Le ministre du Travail Eric Woerth est resté ferme mercredi sur les mesures d'âge de la réforme des retraites qui repoussent à 62 ans l'âge légal de départ et à 67 ans la pension à taux plein, y compris pour les femmes.

"Nul ne peut savoir ce que sera la mobilisation mais nous n'avons pas varié sur le cœur de la réforme", c'est-à-dire les mesures d'âge, a-t-il dit. "Les fondamentaux sont justes et nécessaires", a assuré le ministre. Eric Woerth a indiqué que les sénateurs allaient de pencher sur la question des femmes.

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