Bugaled Breizh : "Ce réquisitoire est une insulte"

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TÉMOIGNAGE E1- L'avocat du fils de l'une des victimes du naufrage affirme que "l'Etat cache la vérité".

Le coup de gueule. "Ce réquisitoire est une insulte à la mémoire des victimes", a dénoncé Me Dominique Tricaud, du fils de l'une des victimes du naufrage du Bugaled Breizh, jeudi sur Europe 1. Pour l'avocat, "pas question de [se] résoudre" à la demande de non lieu du parquet.

"Il était acquis dans le dossier. Les juges d'instruction ont dit aux victimes qu'un sous-marin avait coulé le Bugaled Breizh mais qu'ils ne trouvaient pas lequel. C'est à la limite le discours qu'on aurait pu entendre. Mais cette invraisemblable régression dix ans après le naufrage qui revient à dire que le Bugaled Breizh a coulé tout seul, qu'il serait responsable de sa mort : c'est odieux et inacceptable pour les victimes", dénonce l'avocat. "L'hypothèse du sous-marin est une certitude pour les professionnels de la mer depuis le 15 janvier 2004, et pour les experts et les juges depuis 2008 puisqu'ils l'ont dit aux familles des victimes ! On ne peut pas comprendre pourquoi le procureur veut dire l'inverse de ce qui a été dit aux familles des victimes il y a 6 ans", poursuit-il.



"Ce réquisitoire est une insulte à la mémoire...par Europe1fr

"On arrivera à la vérité. "Depuis le début, on essaie de travestir la vérité. Rappelez-vous quand M. Bussereau, secrétaire d'état au Tourisme, a essayé de faire croire à un cargo abordeur. Quand on a emmené les familles, qu'on leur a montré avec une caméra sous-marine uniquement un des deux côtés de l'épave pour leur faire croire que ce n'était pas un sous-marin... Tout cela n'a été que manœuvres", affirme encore Me Tricaud. "On sait aujourd'hui qu'il pèse aujourd'hui des charges considérables sur le Turbulent, un sous-marin anglais à proximité. Quel intérêt à le cacher ? Les armées se tiennent par la barbichette. Je pense qu'après des parties de sous-marins perchés, l'armée anglaise a suffisamment d'histoires à raconter sur les mauvaises actions de l'armée française pour empêcher la France de dire la vérité", avance-t-il.

"Si le non-lieu est confirmé, ce n'est pas du tout la fin de l'histoire ! Vous ne connaissez pas les Bretons : ils ont une détermination que vous n'imaginez même pas", prévient Me Tricaud. "Nous avons également saisi un avocat britannique : il y a des moyens procéduraux en Grande-Bretagne que nous n'avons pas en France. Je vous promets qu'on arrivera à la vérité", assure-t-il.

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