Brétigny : une pièce défaillante à l'origine du drame ?

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Brétigny : une pièce défaillante à l'origine du drame ?
Au moins six personnes ont trouvé la mort lors du déraillement d'un train à Brétigny-sur-Orge.@ REUTERS
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Une éclisse se serait désolidarisée, entrainant le déraillement du train qui a fait au moins six morts vendredi dans l'Essonne.

L'INFO. Une pièce défaillante de l'aiguillage aurait causé le déraillement du train Paris-Limoges, qui a fait six morts (4 hommes et 2 femmes de 19 à 82 ans) vendredi soir, en gare de Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne. "C'est la défaillance de l'éclisse qui est en cause, cette agrafe s'est désolidarisée et les raisons pour lesquelles cette éclisse s'est désolidarisée est l'objet même des enquêtes qui ont été diligentées", a déclaré le président de la SNCF, Guillaume Pépy, lors d'un point presse samedi. "Faire aujourd'hui des hypothèses, des conjectures, des scénario est bien trop prématuré", a-t-il toutefois conclu. Dimanche, le patron de la SNCF a assuré qu'"aucune anomalie mécanique" n'avait été constatée lors de l'examen du train accidenté.

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Qu'est-ce qu'une éclisse ? Il s'agit d'une pièce métallique servant à raccorder entre eux deux rails consécutifs, l'assemblage complet formant alors un joint. Quant à l'aiguillage, il s'agit de ce système qui dirige les trains d'une voie vers l'autre lors d'une entrée en gare. Pierre Izard, responsable du service infrastructures de la SNCF, a indiqué que la pièce s'est détachée, et "est venue se loger au centre de l'aiguillage" situé à quelque 200 mètres en amont de la gare.  "A cet endroit, elle a empêché le passage des roues du train et elle aurait provoqué le déraillement", a-t-il détaillé.
Bretigny

© Julien Pearce

Des contrôles annoncés. Dans ce contexte, la SNCF a annoncé le contrôle des 5.000 pièces semblables de son réseau. "La  SNCF est responsable de la vie de ses clients et nous agissons en ce sens", a assuré Guillaume Pépy. "Sans attendre d'autres éléments des enquêtes qui se poursuivent, ceci nous conduit à engager dès demain une campagne de vérification des éclisses similaires sur les 5.000 équipements de cette nature qui existent sur le réseau ferré", a encore indiqué Pierre Izard. 

Huchon n'exclut pas la malveillance. Jean-Paul Huchon, président PS de la région Ile-de-France, n'a pas exclu samedi que la catastrophe ait pu être provoquée par un acte de malveillance. Jean-Paul Huchon, qui préside aussi le Stif, autorité organisatrice des transports franciliens. "Cette pièce était tenue par quatre boulons et il paraît bizarre, curieux en tous cas, que les boulons aient tous sauté en même temps alors qu'un train est passé une demi-heure avant et n'a signalé aucune difficulté", a-t-il déclaré sur France Info.

"Les hypothèses sur ce qui s'est passé sont de toutes natures: ou c'est une pièce mécanique qui était fatiguée, obsolète, ou bien alors ça peut être aussi un acte de malveillance. Personne ne peut à ce stade de l'enquête l'affirmer mais personne ne peut l'exclure non plus", a poursuivi Jean-Paul Huchon.

Les syndicats inquiets. Peu avant l'annonce de Guillaume Pépy, Éric Chollet, cheminot à la CFDT, interrogé par Europe1, s'était alarmé de l'état des rails français. "Nous ne sommes pas dans une période favorable à une sécurité à 100%. La CFDT dénonce un manque de surveillance et de maintenance des voix", s'était-il inquiété.

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Les pompiers viennent au secours des victimes du déraillement de Brétigny-sur-Orge, 930*620

© REUTERS

La défaillance pas due aux récents travaux. Les travaux récemment effectués sur un aiguillage en gare de Brétigny-sur-Orge ne concernaient pas la voie où a déraillé le train, avait par ailleurs assuré dans la soirée la direction de la SNCF. Des travaux sur un aiguillage à Brétigny avaient en effet été effectués fin juin pour remédier à "un défaut majeur". Mais "il y a quatre voies principales au niveau de la gare de Brétigny, et les travaux ont été faits sur une autre voie que celle où a déraillé le train, cela n'a rien à voir", a tenu à préciser la compagnie pour couper court aux rumeurs.

Un bilan qui pourrait s'aggraver. Le responsable du SAMU de Paris, le professeur Pierre Carli, a annoncé samedi que le pronostic restait "réservé pour deux blessés" de la catastrophe ferroviaire survenue la veille sur le Paris-Limoges. "Le bilan fait état de deux blessés dont le pronostic est réservé, les autres blessés, y compris les blessés graves, vont beaucoup mieux aujourd'hui", a-t-il précisé devant la presse, ajoutant que "neuf urgences absolues" et "51 urgences relatives" avaient été recensées. "Il y a très clairement une amélioration de la situation ce matin", a-t-il dit.