Boursiers : étudier ou rembourser

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Boursiers : étudier ou rembourser
Létudiant bénéficiaire d'une bourse doit être inscrit et assidu aux cours, travaux pratiques ou dirigés et réaliser les stages obligatoires intégrés à la formation.@ MAXPPP
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280 étudiants boursiers de la faculté du Mirail, à Toulouse vont devoir restituer leur allocation.

Pour eux, la fin de l'année se termine sur une fausse note. 280 étudiants boursiers de la faculté du Mirail, à Toulouse, ont été priés de rembourser leur allocation touchée au titre de  l'année 2011-2012, rapporte La Dépêche du Midi. Le Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) leur reproche de ne pas avoir été assidus aux examens, comme la loi les y oblige en contrepartie.

En application des dispositions du décret n° 51-445 du 16 avril 1951, l'étudiant bénéficiaire d'une bourse doit en effet être inscrit et assidu aux cours, travaux pratiques ou dirigés et réaliser les stages obligatoires intégrés à la formation.

"La non-assiduité est la conséquence du salariat étudiant"

Mais aujourd'hui, cette demande de remboursement passe mal auprès des intéressés. Pour le syndicat Sud-Etudiants, interrogé par le quotidien local, "la non-assiduité aux cours et aux examens est la conséquence du salariat étudiant. Plus d'un sur deux vit sous le seuil de pauvreté". C'est notamment le cas d'une étudiante en histoire du Mirail, qui va devoir rembourser 1.000 euros parce qu'elle n'a pas passé ses examens au deuxième semestre, et qu'elle n'a pu fournir de justificatif. Et pour cause, son employeur l'embauche au noir. "Je ne sais pas comment je vais faire, je ne les ai pas. Je risque d'arrêter la faculté et essayerai de trouver un boulot à plein-temps", témoigne l'étudiante dans le quotidien local.

Et pour nombre d'étudiants, la facture de ce remboursement à la Trésorerie Générale des bourses s'annonce salée. Les bourses s'étalent en effet de 400 euros à 4.600 euros.

"Les bourses sont faites pour étudier"

C'est la première année que l'université du Mirail et le Crous se mettent d'accord pour réclamer le remboursement des sommes versées. Les établissements universitaires sont censés signaler au Crous les étudiants non-assidus. "C'est ce qui permet de maintenir notre système d'attribution des bourses. Sinon, on risquerait de le perdre", justifie à La Dépêche du Midile vice-président au Conseil des études et de la vie universitaire (Cevu), Patrice Bouyssières.

 

L'enjeu est important. Rien que cette année, le Crous a délivré 90 millions d'euros à 33 000 boursiers sélectionnés sur des critères sociaux.

" C'est beaucoup d'argent public, il faut une contrepartie", explique de son côté, Thierry Béguet, directeur du Crous. Ce dernier tient par ailleurs à rassurer les étudiants concernés. Il n'y aura "pas d'application brutale ", assure-t-il, avant de se retrancher derrière une maxime que les étudiants ne risquent pas d'oublier de si tôt : "les bourses sont faites pour étudier".