Boulanger : "c'était une erreur"
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Un couple a porté plainte après que l'enseigne les a qualifié de "gros ripou et sa boniche".

"Le gros ripou et sa boniche". En lisant ce descriptif sur leur facture, le couple originaire de Bordeaux n'en est pas revenu. C'est pourtant bien la mention qui était indiquée en haut de ce formulaire pour une machine à pain achetée dans une boutique Boulanger de l'agglomération bordelaise. Le couple a donc décidé de porter plainte. Leur avocat a également décidé de saisir la Cnil, la Commission nationale de l'informatique et des libertés.

"Une mention dactylographiée"

Car en haut à droite de ce formulaire, là où apparaissent généralement le nom et l'adresse des clients, en toute lettre il y a aussi une mention pour le moins surprenante et choquante, comme l'explique Me Jean-Baptiste Bordas au micro d'Europe 1 : "la  facture libellée à leur nom et adresse est ornée de la mention : 'le gros ripou et sa boniche'. Ce qui bien sûr n'a pas été du tout agréable pour eux." "C'est une mention dactylographiée, dans la même police, dans le même corps que les mentions relatives à l'adresse et au nom de mes clients", précise l'avocat.

Le couple a alors décidé de ressortir les anciennes factures de Boulanger. Surprise : ce n'est pas la première fois que les deux individus sont qualifiés de la sorte. "Ils ont retrouvé une autre facture plus ancienne de la même enseigne qui porte la même mention", confirme l'avocat.

Le conseil du couple exige donc des explications. "Compte tenu du fait que [ces mentions] paraissent ciblées à leur encontre, je me demande qui les a apposées et comment Boulanger gère son fichier clients pour que des personnes mal intentionnées puissent s'y introduire de cette manière-là", déplore Me Jean-Baptiste Bordas. "Depuis cet événement, indiscutablement il y a une véritable douleur, une véritable faille en eux", poursuit-il.

"Il y a des filtres"

Boulanger affirme avoir fait son enquête en interne et reconnaît son erreur.  "On a tout de suite convenu que c'était quelque chose qui n'est pas agréable, pas acceptable. C'était une erreur. Nos factures, il y a des zones d'impression. Les champs (de la facture) sont renseignés par les personnes qui les saisissent. Évidement, il y a des filtres. On sait très bien qu'il faut éviter les dérapages (...) On a un salarié qui, dans une zone, le complément d'adresse, a mis des commentaires qui ne devaient pas y être", explique Christophe Beyret, le directeur juridique de l'enseigne au micro d'Europe 1. Pour l'instant, l'auteur des faits n'a pas encore été identifié.