Bonnemaison "nous a volé les derniers instants" avec ma mère

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Bonnemaison "nous a volé les derniers instants" avec ma mère
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A LA BARRE - Le fils de l'une des victimes du médecin lui a reproché de ne pas l'avoir informé de sa décision.

Face à face. La gorge nouée, Pierre Iramuno s'adresse à Nicolas Bonnemaison. Pourquoi le médecin a-t-il pris seul la décision d'abréger la fin de vie de sa mère ? Le fils de l'une des victimes de l'urgentiste bayonnais a dit jeudi aux assises de Pau son incompréhension. Mais pour le médecin, jugé pour la mort de sept patients, ne pas informer les familles était une façon de "protéger les proches".

Sept victimes. Au deuxième jour du procès de l'urgentiste, la cour d'assises s'est penchée sur le cas de Françoise Iramuno. Cette patiente de 86 ans était décédée en avril 2010, deux jours après son admission dans l'unité d'hospitalisation de courte durée (UHCD) où Nicolas Bonnemaison est soupçonné d'avoir abrégé la vie de sept malades en fin de vie, en 2010 et 2011. Hospitalisée après un accident vasculaire cérébral hémorragique, l'octogénaire était finalement décédée d'un arrêt cardiaque, ce qui avait surpris l'infirmière et l'aide-soignante qui s'occupaient d'elle.

"Vous ne m'avez pas parlé". "J'aurais compris si vous me l'aviez expliqué. Mais vous ne m'avez pas parlé. On aurait discuté, mais je ne vous ai pas vu", a regretté Pierre Iramuno. Debout dans le box, le Dr Bonnemaison s'adresse directement à lui : "j'aimerais vous faire comprendre ce qui a dicté mon choix. Vous êtes en souffrance car vous n'avez pas compris." Au bord des larmes, Pierre Iramuno réplique : "je vous ai entendu, mais vous n'avez préservé personne, ni vous ni nous ni le personnel soignant".

"Je me suis trompé". Nicolas Bonnemaison se justifie : s'il n'informait pas les proches, c'était pour les protéger et leur éviter le poids de la culpabilité. Christine, l'épouse de Pierre Iramuno, dénonce le "mépris" du médecin envers sa famille. "On nous a volé les derniers instants" de ma belle-mère, estime-t-elle à la barre. Dans la moiteur de la salle d'audience, Nicolas Bonnemaison concède : "j'ai généré de la souffrance en croyant vous épargner. Je mesure que dans votre cas, je me suis trompé".

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