Bijoutier tué : "je ne pardonne pas"

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Bijoutier tué : "je ne pardonne pas"
@ Max PPP
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TÉMOIGNAGE E1 - La femme du bijoutier tué en février 2011 à Cambrai attend beaucoup du procès.

"On va tous y passer". Alors que le procès de son défunt mari s'ouvre jeudi, Monique Bouquignaud tire la sonnette d'alarme sur l'augmentation croissante des violences contre les joailliers. Trois Cambrésiens comparaissent en effet jusqu'à mardi, devant la cour d'assises de Douai, pour le meurtre d'Hervé Bouquignaud, un bijoutier poignardé dans sa boutique en février 2011 à Cambrai, dans le Nord.

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Tué pour 40 euros. Tout commence le 3 février 2011. Deux hommes cagoulés et armés de couteaux font irruption dans une bijouterie-horlogerie du centre de Cambrai, pendant qu'une troisième personne fait le guet. Un voisin témoin de la scène, décide alors de se rendre sur place.

Surpris, les malfaiteurs prennent peur et portent des coups de couteau au bijoutier avant de prendre la fuite en emportant avec eux un modique butin de 40 euros. Touchée à l'abdomen, la victime a succombé peu après à ses blessures.

"Ça je ne pardonne pas". Un acte très violent que son épouse, Monique Bouquignaud, membre du conseil municipal et vice-présidente de la communauté d'agglomération de Cambrai, n'arrive pas  s'expliquer. "Je ne comprendrai jamais leur geste. Pourquoi l'ont-ils tué ? Ils avaient la force de leurs 20 ans, mon mari n'avait la force que de ses 60 ans. Il suffisait de le bousculer et puis voila. Ils ont préférer le tuer et ça je ne pardonne pas", confie-t-elle au micro d'Europe 1.

"Ma vie est foutue" :

Selon les éléments de l'enquête, les braqueurs, interpellés grâce aux traces ADN laissées sur les lieux du crime, auraient organisé leur braquage pour rembourser des dettes de drogues. Si Monique Bouquignaud assure qu'il n'y a ni haine, ni violence dans ses propos, elle confie toutefois que sa vie "est foutue" depuis le drame.

"Un métier impossible à exercer". "On savait qu'il y avait de plus en plus d'agressions. Bien sûr que l'on s'attendait aussi à être agressés, mais pas de cette façon. Nous n'avons pas attendu que mon mari meurt pour mettre des systèmes de sécurité. Malgré les sécurités qui sont de plus en plus importantes, les agressions ne diminuent pas. Après mon mari, il y a eu plusieurs bijoutiers qui se sont fait tuer. Nous avions un métier qui était si beau et maintenant c'est un métier impossible à exercer", déplore-t-elle.

Cette dernière demande donc davantage de fermeté envers les braqueurs. "Il faut que l'on soit entendu par différentes instances. Il faut faire quelque chose. Je pense que les punitions ne sont pas suffisamment importantes, pas à la hauteur de ce qui est commis", estime-t-elle.