Bientôt une cacahuète hypoallergénique

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Bientôt une cacahuète hypoallergénique
Les allergies à la cacahuètes sont la première cause d'allergie alimentaire après l'âge de trois ans.@ MAXPPP
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Des chercheurs de Toulouse ont réussi à débarrasser des cacahuètes de leurs agents allergisants.

Les personnes allergiques aux cacahuètes vont bientôt pouvoir souffler. Des chercheurs de l’université de Toulouse, en association avec un hôpital et la société Menguy’s, ont réussi à mettre au point une cacahuète qui ne cause pas d’allergie, rapporte La Dépêche. Le brevet a été déposé début février, mais il faudra attendre encore un peu avant de pouvoir manger des cacahuètes totalement hypoallergéniques.

Pour l’heure, les scientifiques ont réussi à produire une pâte de cacahuète reconstituée avec 95 à 99% d’agents allergènes en moins, qui ressemble pour l'instant à un liquide blanchâtre dans une éprouvette. Pour obtenir ce résultat, les chercheurs ont utilisé des probiotiques pour traquer les protéines responsables des allergies. "Les probiotiques, qui sont utilisés dans l'alimentation, possèdent des enzymes, qui ont grignoté ces protéines et les ont dégradées".

Les chercheurs, qui travaillent sur le sujet depuis 2009, espèrent bien pouvoir traiter, à terme, la graine entière, en la débarrassant intégralement de ses agents allergisants. Il faudra cependant au moins trois ans pour terminer le travail et lancer les premières chaînes de production.

Première cause d’allergie après trois ans

"Le procédé breveté constitue une avancée majeure dans la gestion quotidienne des interdits alimentaires imposés aux individus allergiques et aux problèmes qui leur sont liés, en particulier concernant l’étiquetage des produits alimentaires", soutient le Pr Annick Barre, responsable scientifique du laboratoire de pharmacochimie et pharmacologie de l’université de Toulouse.

L’enjeu est de taille : les allergies à la cacahuète sont la deuxième cause d’allergie alimentaire avant l’âge de trois ans, et la première cause après trois ans, souligne l’université de Toulouse dans un communiqué. Elles sont aussi à l’origine de symptômes plus graves que d’autres allergies alimentaires.

Grâce aux chercheurs toulousains, les allergiques pourront donc bientôt consommer des produits contenant des "traces d’arachides" sans craindre de faire une crise d’asthme ou d’eczéma ou, plus grave, un œdème de Quincke ou un choc anaphylactique.