Bientôt la fin des concours enseignants ?

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Bientôt la fin des concours enseignants ?
Outre les concours, il faut aussi depuis l'an dernier avoir un master (bac +5) pour devenir enseignant fonctionnaire titulaire, du fait de la réforme de la formation des enseignants, dite "masterisation".@ MAXPPP
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Cette idée, préconisée par une mission parlementaire, a suscité jeudi de vives réactions.

La mission d'information de l'Assemblée nationale sur la formation des enseignants a adopté mercredi un rapport qui fait grand bruit. Une des 20 propositions est, "à terme", de "remplacer le concours de recrutement par le master et confier aux autorités académiques ou aux établissements le soin de recruter sur la base d'un entretien professionnel les enseignants". Avant même son examen le 6 juillet en commission, cette proposition a suscité jeudi un tollé dans le monde éducatif.

Les syndicats vent debout

Le Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées, et l'Unsa-Education, deuxième fédération syndicale du monde éducatif, ont fait savoir jeudi qu'ils s'opposeraient à un tel projet, synonyme selon eux de remise en cause du caractère national du service public d'éducation.

Si la réforme entrait en vigueur, "aucune régulation n'interviendrait plus a priori et le recrutement, notamment dans les zones les plus difficiles, serait encore aggravé: les meilleurs seront aspirés par les établissements les plus cotés dans les académies, les plus demandées, avec le risque de renforcer davantage les inégalités territoriales", alerte l'Unsa-Education.

Certains pays européens ont déjà un tel système, mais en France il y a des concours, dont les principaux sont celui de professeur des écoles, le Capes (certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré) et l'agrégation. Outre ces concours, il faut aussi depuis l'an dernier avoir un master (bac +5) pour devenir enseignant fonctionnaire titulaire, du fait de la réforme de la formation des enseignants dite "masterisation".

Un ballon d'essai de la droite ?

A défaut de supprimer tous les concours, le rapport propose au moins la fin du concours externe de l'agrégation. Du coup, la Société des agrégés a exprimé "sa plus vive indignation" et jugée la proposition "scandaleuse".

"Je pense qu'il s'agit d'un ballon d'essai de la droite pour préparer les sujets de la future campagne présidentielle", a confié un syndicaliste enseignant. D'autant que la proposition est apparue dans le rapport final la veille du vote de la mission, sans qu'il en ait été discuté auparavant, ont assuré trois députés de gauche.

Seuls les députés UMP, majoritaires dans la mission, ont voté en faveur du rapport, alors que les socialistes n'ont pas pris part au vote, arguant du manque de temps donné pour le lire, et que la députée communiste a voté contre, selon des sources parlementaires.
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