Biberons : un gaz cancérigène autorisé

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Biberons : un gaz cancérigène autorisé
@ MAXPPP
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L'oxyde d'éthylène est nécessaire pour la stérilisation de certaines tétines.

Dans les hôpitaux, l'oxyde d'éthylène est encore utilisé pour la stérilisation des biberons. Proscrite dans les maternités pour les nouveau-nés à terme en bonne santé, l'utilisation de ce gaz cancérigène reste nécessaire dans certains cas, et peu risqué selon les autorités sanitaires.

En novembre dernier, une enquête du Nouvel Observateur mettait en avant la dangerosité de ce gaz, largement utilisé comme méthode de stérilisation pour le matériel médical.

Exclu pour les nourrissons en bonne santé

Les autorités sanitaires, saisies de l'affaire à l'époque, ont expliqué vendredi que ce procédé est exclu pour les biberons, tétines et nourettes (mini-biberons prêts à l'emploi) destinés aux bébés nés à terme et en bonne santé.

En revanche, expliquent-elles, pour les nouveau-nés pris en charge en service de néonatologie (prématurés) et les nourrissons souffrant de pathologies graves, les biberons et dispositifs qui servent à administrer des médicaments, ainsi que le stockage de lait maternel, doivent être "microbiologiquement propres".

Pas d'excès de risque

Les méthodes de stérilisation, autres que celle avec l'oxyde d'éthylène (OE), ne permettent pas, à ce jour, d'atteindre ces critères de sécurité microbiologique assurant la destruction de germes dangereux (entérobactéries, staphylocoque doré...) pour ces bébés très fragiles, indiquent-elles après contact avec les industriels.

Quoique limitées, "les mesures effectuées en établissement de soins ne mettent pas en évidence d'excès de risque chez les nourrissons et prématurés", nourris avec des biberons stérilisés à l'OE, ajoutent-elles en précisant que plus l'on s'éloigne de la date de stérilisation, plus les quantités résiduelles du gaz sont faibles.

Un dossier suivi

L'agence des produits de santé (Afssaps) effectuera des campagnes de contrôle au niveau des fabricants et des établissements de santé, "afin de vérifier la mise en oeuvre effective de ces mesures", à la demande de la Direction générale de la santé (DGS, ministère de la santé).

La DGS a également demandé aux Agences régionales de santé (ARS) "de veiller à l'application des recommandations de restriction d'utilisation" des biberons et tétines stérilisées avec ce gaz.

L'Inspection générale des affaires sociales rendra prochainement ses conclusions sur l'analyse et le respect de la réglementation existante, ainsi que sur l'approvisionnement des établissements de santé.