Bettencourt : inquiets pour la justice

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Bettencourt : inquiets pour la justice
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20.000 signatures ont déjà paraphé la pétition "pour une justice indépendante" de Médiapart.

Il y a des noms connus, ceux de députés, de magistrats et même celui d'une ancienne ministre de la Justice : Elisabeth Guigou. Au total l'appel pour une "justice indépendante et impartiale dans les affaires Bettencourt" lancé le 14 juillet sur le site Mediapart a recueilli plus de 20.000 signatures.

Noël Mamère parmi les signataires

Parmi les premiers signataires figurent des magistrats comme Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats (USM), des avocats comme William Bourdon et des professeurs comme Evelyne Pisier (Paris I). Les députés comme Arnaud Montebourg, Yves Cochet et Noël Mamère y figurent aussi.

"Cette pétition vise tout simplement à ce que l'on respecte l'état de droit dans une république qui se veutirréprochable", a expliqué, dimanche sur Europe 1, Noël Mamère reprenant un terme employé la semaine dernière par Nicolas Sarkozy.

Des garanties d'impartialité

Selon les signataires de cette pétition, "le procureur de la République de Nanterre comme le procureur général de Versailles, du fait de leur lien direct et statutaire avec le pouvoir exécutif, ne peuvent présenter aucune garantie d'impartialité". Ils réclament donc "l'ouverture d'une instruction confiée à un collège de juges indépendants respectant les règles du procès équitable".

"Le discrédit jeté sur notre justice ne doit plus durer", demandent encore les signataires en estimant que "les affaires Bettencourt donnent en spectacle une justice aux antipodes des principes directeurs du procès pénal et des exigences du droit européen".

Un "procureur aux ordres"

Par ailleurs, la semaine dernière Eva Joly avait également estimé que le procureur de Nanterre Philippe Courroye, qui a ouvert des enquêtes dans l'affaire Bettencourt, n'était pas l'homme de la situation car il était "aux ordres".

Selon elle, "Philippe Courroye a choisi volontairement ce cadre procédural pour ne pas aller au fond des choses". "Il faut des méthodes coercitives, on ne peut pas demander aux gens de nous donner gentiment leur numéro de compte au Liechtenstein! Il ne sert pas l'intérêt de la justice, il a été placé à ce poste en raison de ses failles psychologiques, et aussi parce que l'on a prise sur lui", a estimé dans une interview au Monde l'ex-magistrate qui avait instruit l'affaire Elf.

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