Bettencourt : 78 millions d'euros en Suisse

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Bettencourt : 78 millions d'euros en Suisse
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La milliardaire se serait résolue à admettre l'existence de deux comptes bancaires, au fisc.

Le dossier Bettencourt mérite chaque jour un peu plus de figurer dans la catégorie "affaire politico-financière". Alors que le parquet dément avoir caché au fisc une possible fraude fiscale de Liliane Bettencourt, cette dernière admet détenir 78 millions d'euros en Suisse, selon LePoint.fr.

Deux comptes en Suisse

"Liliane Bettencourt va déclarer au fisc des avoirs expatriés pour un montant global de 78 millions d'euros, répartis entre deux comptes bancaires détenus en Suisse", annonce le site d'informations. Un nouveau rebondissement qui s'ajoute aux récentes révélations faites par le magazine Marianne.

L'hebdomadaire affirme que le parquet de Nanterre était au courant dès 2008 de possibles fraudes fiscales de Liliane Bettencourt, et n'a pas réagi. Mais le procureur, Philippe Courroye, a démenti cette information vendredi en déclarant que le fisc en a été informé dès janvier 2009.

Une île non-déclarée ?

L'hebdomadaire dans un article daté du 26 juin, a accusé le parquet d'avoir "préféré fermer les yeux" sur ces possibles fraudes en n'alertant pas le fisc. Selon Marianne, qui s'appuie sur une série de pièces figurant dans l'enquête préliminaire ouverte à la suite de la plainte de Françoise Bettencourt-Meyers contre l'artiste François-Marie Banier, le parquet "avait entre ses mains, dès mars 2008, tous les éléments nécessaires pour alerter l'administration fiscale et déclencher une enquête".

Parmi ces pièces : une lettre de François-Marie Banier à la milliardaire, datée du 19 mai 2005 et consignée au dossier le 4 mars 2008, faisant référence à l'île d'Arros, aux Seychelles, que la milliardaire aurait possédé sans la déclarer à l'administration fiscale française. Mais aussi des déclarations de patrimoine de l'héritière de L'Oréal sur lesquelles cette île ne figurait pas.

"Rien n'a été occulté"

Mais le parquet s'en est défendu vendredi. "L'administration fiscale avait été prévenue le 9 janvier 2009 du fait que ce dossier était susceptible de mettre en évidence des éléments de fraude fiscale", a dit Philippe Courroye en précisant que cette démarche avait été réalisée "conformément à l'article L101" du livre des procédures fiscales.

"L'administration a eu connaissance de l'ensemble des pièces du dossier. Rien n'a été occulté", a précisé le procureur en ajoutant que le parquet ne pouvait décider seul de se saisir d'un fait de fraude fiscale.

Un dossier très politique

L’exécutif est-il directement intervenu dans le dossier Bettencourt ? La question ne cesse de ressurgir. Dans les enregistrements pirates révélés la semaine dernière par Mediapart, Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, explique avoir vu le conseiller pour les affaires judiciaires de Nicolas Sarkozy pour évoquer la procédure engagée par Françoise Bettencourt-Meyers contre l’ami de sa mère. "Il m'a dit : ‘M. de Maistre, le président continue de suivre ça de très près (...) Et en première instance, on ne peut rien faire de plus, mais on peut vous dire qu'en cour d'appel, si vous perdez, on connaît très, très bien le procureur’".

Patrick de Maistre a répondu, par la voix de son avocat interrogé sur Europe 1 : "L’Oréal est français, L’Oréal doit rester français. C’est dans ce but que l’Elysée s’inquiétait de ce qui se passait".