Bataille juridique au procès Krombach

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Bataille juridique au procès Krombach
André Bamberski se bat depuis des années pour obtenir la vérité sur la mort de sa fille Kalinka en 1982.@ MaxPPP
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La demande de renvoi du procès par les avocats de l’accusé doit être tranchée mercredi.

Faut-il, 29 ans après le mort de la jeune Kalinka Bamberski, renvoyer le procès de l'Allemand Dieter Krombach, son beau-père accusé de l'avoir tuée ? La question, débattue mardi au premier jour de l'audience devant les assises de Paris, doit être tranchée mercredi.

C'est la défense de Dieter Krombach qui a soulevé cette question dès l'ouverture des débats, plaidant l'irrégularité de la procédure. Au coeur du litige, la règle de droit dite "non bis in idem" ("pas deux fois pour la même chose") : nul ne peut être poursuivi pour des faits définitivement jugés dans un autre Etat.

Une règle de droit au cœur des débats

Or pour la défense, la France contrevient à ce principe car en 1987, la cour d'appel de Munich a classé l'affaire, interdisant l'exercice de poursuites ultérieures contre Dieter Krombach, sauf élément nouveau. La défense souhaite que la cour d'assises saisisse la Cour de justice de l'Union européenne pour trancher ce conflit de compétence.

Autre point de débat : l'enlèvement, commandité par André Bamberski,-le père de Kalinka- dont a été victime Dieter Krombach à son domicile en Allemagne en 2009 et qui a permis son interpellation par la justice française. Ce procédé contestable rend illégaux sa détention et son procès, estiment ses défenseurs.

"Il fait l’impossible pour échapper au jugement"

Un argument balayé par les conseils d’André Bamberski. "La perspective d'être jugé est insupportable à Monsieur Krombach", a réagi au micro d’Europe 1 Me De Caunes, l'avocat d'André Bamberski. "Il fait l’impossible pour échapper au jugement", a-t-il ajouté. Avant de préciser : "Les circonstances dans lesquelles il a été mis à disposition de la justice française sont indifférentes".

André Bamberski, 73 ans, s'est montré de son côté passablement agacé par ces demandes de nullité du procès. "Je regrette que la France soit un pays où seuls les avocats - sauf les miens car je leur ai interdit - ont la possibilité de mentir, de diffamer, d'utiliser en toute impunité des arguments qu'ils savent être faux". Le vieil homme aux cheveux blancs déplore: "Moi, j'ai juste le droit de me taire". Le père de Kalinka estime que l'aboutissement de son combat ne viendrait "que lorsque le verdict sera prononcé".

La mère de Kalinka a des doutes

Une autre personne, plus inattendue, souhaite que le procès se poursuive. Il s'agit de l'ex-femme du docteur Krombach. Longtemps convaincue de son innocence, elle a aujourd'hui des doutes. "Les mois qui viennent de passer ont été extrêmement difficiles pour elle car elle a été chamboulée. Elle a été fermement convaincue de l'innocence de Kromback pendant quasiment 27 ans", explique Me Parra-Bruguière, l'avocat de la mère de Kalinka.

"Les doutes qu'elle n'avait pas sur cette procédure, elle les a maintenant. Elle est dans le questionnement, la seule chose qu'elle souhaite maintenant, c'est qu'il réponde aux questions", ajoute l'avocat.