Banon : "j'ai perdu ma légèreté le 11 février 2003"

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Banon : "j'ai perdu ma légèreté le 11 février 2003"
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La jeune femme qui accuse DSK de tentative de viol s'est expliquée lundi soir sur Canal+.

C'était la première fois, à la télévision et dans une longue interview, qu'elle sortait de son silence depuis sa plainte contre DSK pour tentative de viol. Accompagnée de son avocat sur le plateau du Grand Journal de Canal+, Tristane Banon a notamment réagi à l'interview donnée par Dominique Strauss-Kahn dimanche soir sur TF1. Et a promis d'aller au bout de la bataille judiciaire.

"Je suis navrée pour lui"

"Quand DSK dit qu'il a perdu sa légèreté à jamais le 15 mai, je suis navrée pour lui. En ce qui me concerne, ma légèreté je l'ai perdue le 11 février 2003", a commencé Tristane Banon. La jeune femme s'est ensuite réjouie que l'ancien directeur du FMI, au cours de son audition par les enquêteurs, ait commencé "à se souvenir qu'il a essayé de m'embrasser".

Tristane Banon est revenue sur les circonstances de la tentative de viol qu'elle reproche à DSK. "Ce monsieur m'a fait venir dans un appartement sans me dire que c'était une garçonnière, pour un complément d'interview. Quand je suis arrivée, il a fermé à double tour", a-t-elle raconté. "On s'est battus, ça a mal tourné. Si je n'avais pas eu beaucoup de chance, ça aurait fini par un viol", a ajouté Tristane Banon.

"Ma mère a été le bouc émissaire"

La jeune femme a ensuite longuement expliqué pourquoi elle n'avait pas porté plainte aussitôt après les faits. "Quand je vois la façon dont je suis broyée aujourd'hui, alors qu'il y a un doute, je me dis que si j'avais porté plainte à l'époque, je serais à dénombrer parmi les suicidés", a-t-elle dit. "On a beaucoup tapé sur ma mère (la socialiste Anne Mansouret, ndlr), à juste titre, mais c'était facile aussi parce que tout le monde m'a conseillé de ne pas porter plainte. Elle a été le bouc émissaire", a encore dit Tristane Banon.

Tristane Banon a encore précisé qu'elle "se sentait incapable de porter plainte contre DSK". "Avant le 15 mai, il était premier des sondages. J'ai peur du pouvoir à juste titre", a confié la jeune femme. Et "si l'affaire est classée, je me constituerai partie civile. Parce que je dossier n'est pas si vide, ce n'est pas que parole contre parole", a-t-elle martelé.

"Pourquoi on ne nous croit jamais ?"

Tristane Banon s'est encore élevée contre le doute qui ne profite jamais à la victime. "Pourquoi on ne nous croit jamais et pourquoi j'en voudrais à DSK ?", a-t-elle demandé. "J'ai découvert qu'il y a un vrai problème sur la façon dont on traite les victimes. Ce n'est pas normal qu'on lui offre 20 minutes au JT comme une rock-star alors qu'il est sous le coup de deux procédures", s'est-elle insurgée. Tristane Banon a d'ailleurs appelé à un rassemblement le 24 septembre prochain devant le palais de justice de Paris.