Banier aurait dû hériter de l’île d’Arros

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Banier aurait dû hériter de l’île d’Arros
@ MAX PPP
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Ainsi en avait décidé Liliane Bettencourt, dans une lettre divulguée mercredi par Le Point.

Liliane Bettencourt avait tout prévu pour régler sa succession. Dans une lettre qui devait être remise à sa fille, Françoise Meyers-Bettencourt, après sa mort, elle indiquait que l’île d’Arros, aux Seychelles, devait être léguée à François-Marie Banier, son ami, aujourd’hui accusé d’abus de faiblesse.

"Tu hérites d'une fabuleuse fortune"

Cette lettre, le site du Point.fr s’en fait l’écho mercredi soir. Le magazine affirme qu’elle a été saisie dernièrement lors d’une perquisition chez le notaire de Liliane Bettencourt, Jean-Michel Normand.

"Tu hérites d'une fabuleuse fortune que j'ai préservée et allégée d'impôts pour que tu sois en paix. À moi, maintenant, de te dire que je désire rester où je suis en paix. C'est-à-dire que ce que je te demande, tu le feras. Et j'en suis convaincue", écrit d’abord Liliane Bettencourt à sa fille.

Avant de détailler ses dernières volontés : "j'ai connu par François-Marie d'Arros, mon île aux Seychelles, détenue par un anstalt [une établissement, NDLR] du Liechtenstein, dont le papier est dans la main de Me Merkt, notre avocat à Genève. Je désire que tu transfères la propriété de cette île à François-Marie Banier (chez Pictet, à Genève, tu auras un milliard de francs). Tu donneras à François-Marie la moitié, il te restera beaucoup d'argent. N'oublie pas que tu as Neuilly, New York et puis... L'Oréal."

Une affaire dans l'affaire

L’île d’Arros constitue une affaire dans l’affaire Bettencourt. Elle a été rachetée il y a une dizaine d’années par la famille Bettencourt, pour 15 millions d’euros à l’époque. Elle est actuellement la propriété d'une fondation basée au Liechtenstein. Une fondation dont le financement serait en réalité assuré par Liliane Bettencourt. D’où les soupçons de fraude fiscale.

Cette lettre a été écrite en 2003, soit quatre ans avant que Liliane Bettencourt et Françoise Meyers-Bettencourt ne coupent les ponts, après la plainte déposée par la fille contre l’ami de sa mère. Or dans des écoutes pirates réalisées en 2009, Liliane Bettencourt ne semble plus se souvenir de ce legs quand elle demande à son gestionnaire de fortune : "J'ai voulu lui offrir une île ?". Ce qui confirmerait sa fragilité.

"Il veut toujours plus gros"

Au cours de l’été, Liliane Bettencourt a finalement décidé de ne plus faire de François-Marie Banier son légataire universel, c’est-à-dire celui qui a toute autorité sur sa succession. Dans une interview à Paris Match, il y a une semaine, l’héritière de L’Oréal confiait à propos de son ami : "C'est quelqu'un qui veut toujours plus, toujours plus gros".

Sur le plan judiciaire, une nouvelle bataille s’annonce. C’est le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, qui travaille sur le dossier de l’île d’Arros. Mais la lettre posthume révélée mercredi a été saisie lors d’une perquisition demandée par la juge d’instruction Isabelle Prévost-Desprez qui enquête, elle, sur l’abus de faiblesse présumé. Deux magistrats qui ferraillent depuis le début de l’affaire.